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ESSAOUIRA
Anciennement appelée Amogdul (
la bien gardée ) en Berbère,
Mogdura Mogadur en espagnol et
Mogador en français, Essaouira (
الصويرة ) ( la bien dessinée )
est une ville portuaire du Maroc
sur la côte atlantique
(coordonnées : comptant environ
70 000 habitants et le chef-lieu
de la province du même nom qui
compte environ 500 000
habitants.
Sa médina est inscrite sur la
Liste du patrimoine mondial de
l'UNESCO.
Histoire
D'après la tradition, après la
fondation de Carthage en 814 av.
J.-C. des marchands puniques se
dirigèrent vers l'extrême
Occident, jusqu'à Essaouira ,
pour y installer des échelles ,
des comptoirs. Les premiers
hommes sur lesquels il existe
des renseignements y parlaient
une langue berbère. Dès lors
Essaouira, ce mouillage utilisé
par le navigateur carthaginois
Hannon dès le VIe siècle av.
J.-C., protégé des alizés et
riche en eau potable, servit
pendant plusieurs siècles de
poste avancé sur la route du
Cap-Vert et de l'Équateur. Vers
le IIIe siècle av. J.-C., les
Berbères s'organisèrent en
monarchie.
La région passa sous influence
romaine à la suite de la
Troisième guerre punique en 146
av. J.-C.. Rome fit un
État-client de ce royaume dont
le souverain le plus illustre
fut Juba II. Le souverain
favorisa l'installation de son
équipage et le développement de
l'industrie des salaisons et de
la pourpre. C'est cette seconde
activité (production de teinture
à partir d'un coquillage : le
murex) qui explique la renommée
des îles Purpuraires (au large
d'Essaouira) jusqu'à la fin de
l'Empire romain. Cette couleur,
chez les Anciens, était synonyme
d'un rang social élevé. En 42 ap.
J.-C., Rome finit par annexer le
royaume berbère pour le
transformer en province romaine
de Maurétanie tingitane.
Au Moyen Âge, les marins
portugais mesurent tous les
avantages de cette baie et
baptisent la ville Mogador ,
déformation probable du nom de
Sidi Mogdoul, un marabout local.
Les juifs ont un statut spécial
d'intermédiaires entre le sultan
et les puissances étrangères,
obligées d'installer à Essaouira
une Maison consulaire (il y en
eut jusque dix dans la Kasbah ).
On les appelle les « négociants
du roi » ou les « représentants
consulaires ». Ils ont, par
exemple, le monopole de la vente
du blé aux chrétiens, celle-ci
étant interdite aux musulmans.
La ville
nouvelle
En 1764, le sultan Mohammed ben
Abdellah décide d'installer à
Essaouira sa base navale, d'où
les corsaires iront punir les
habitants d'Agadir en révolte
contre son autorité. Il fait
appel à Théodore Cornut , un
architecte français à la solde
des Britanniques de Gibraltar.
Le sultan le reçoit avec tous
les honneurs dus à un grand
artiste et lui confie la
réalisation de la nouvelle ville
« au milieu du sable et du vent,
là où il n'y avait rien ».
Cornut l'Avignonnais, qui avait
été employé par Louis XV à la
construction des fortifications
du Roussillon, travailla 3 ans à
édifier le port et la kasbah ,
dont le plan original est
conservé à la Bibliothèque
nationale de France à Paris. Il
semblerait que la seconde
ceinture de remparts et la
médina aient été dessinées bien
après le départ de Cornut. Le
sultan n'avait souhaité
prolonger leur collaboration,
reprochant au Français d'être
trop cher et d'avoir travaillé
pour l'ennemi britannique. Avec
son plan très régulier, la ville
mérite bien son nom actuel d' Es
Saouira , qui signifie « la
Bien-Dessinée ».
Une rue à Essouira
L'importance d'Essaouira n'a
cessé de croître jusqu'à la
première moitié du XIX e
siècle, et la ville connut une
formidable prospérité grâce à
l'importante communauté juive.
On y compta jusqu'à 17 000 juifs
pour à peine 10 000 musulmans.
La bourgeoisie marocaine
accourait y acheter des bijoux.
On l'a longtemps surnommé le
port de Tombouctou, car les
caravanes chargées d'or,
d'épices et d'esclaves venues
d'Afrique subsaharienne y
étaient négociées. Le commerce y
était florissant. Mais la
plupart des juifs partirent
après la guerre des Six Jours.
Aujourd'hui, il ne subsiste que
quelques familles juives dans la
ville.
Pendant des années, ce fut le
seul port marocain ouvert au
commerce extérieur. Le déclin
commença avec le protectorat
français et le développement
d'autres ports (Casablanca,
Tanger, Agadir). Handicapée par
ses eaux peu profondes et ne
pouvant pas recevoir les gros
bateaux modernes, la ville
connaît cependant une
renaissance spectaculaire depuis
une quinzaine d'années,
renaissance due essentiellement
au tourisme mais aussi à sa
vocation culturelle.
Essaouira est aujourd'hui le
chef-lieu d'une province de 500
000 habitants, pour la plupart
agriculteurs. La ville est unie
par une opération de coopération
avec Saint-Malo, sous l'égide de
l'Unesco.
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