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ASILAH
A l'écart de la ville moderne se dresse la ville
ancienne,alanguie derrière ses beaux remparts qui défient l'océan
depuis cinq siècles. Chaque jeudi matin, un souk vivant et coloré
s'installe qu pied de la muraille ocre : coiffés du burnous ou de
larges chapeaux de pailles, hommes et femmes de la campagne
proposent les produits de leur terre, qui s'amoncellent dans de
grands couffins et des paniers d'osier. La médina offre un autre
voyage avec son lacis de ruelles et ses maisons blanches. De
nombreux murs peints, souvenirs des années soixante-dix, témoignent
des débuts d'un festival de musique qui continue de se tenir tous
les ans au mois d'août
Asilah dans l'histoire.
Un privilège que n'avait pas Tanger. D'origine phénicienne,
Asilah obtint à l'époque des rois maurétaniens le privilège de
frapper monnaie avec son nom inscrit en langue punique. Carthage, en
son temps, le lui avait refusé. Un peu plus tard,l'attachement de la
ville (qui s'appelle alors Zili) à Bogud le Maurétanien conduit
Octave à déporter ses habitants en Espagne.
Des sujets romains d'Ibérie les remplacent. Dotés d'un statut
colonial, ils bénéficient de certaines libertés, notamment dans les
domaines juridique financier, sous l'autorité de magistrats élus.
Refuge des Idrissides auxquels elle avait échu, Asilah doit
repousser plusieurs invasions de Normands. En 966, elle est
reconstruite par le calife omeyyade de Cordoue, El Hakim II. Au XII,
El Idriss la cite comme petite sans importance.
Mérinides et Portugais. Cet effacement d'Asilah donne au Mérinide
d'Espagne Osman ibn Idriss l'occasion de se proclamer sultan à Ceuta
en 1306 et d'être quelque temps maître de la ville. Il permet
également aux Portugais de s'en emparer le 24 août 1471, avec une
flotte de 477 vaisseaux et une armée de 30 000 hommes. Toutefois, dès
le XIV, Asilah s'était ouverte au commerce avec l'Occident : Les
navires génois, pisans, vénitiens ou marseillais fréquentaient son
mouillage.
Une base coloniale. L'ayant munie de remparts et transformée en
camp retranché ( ou fronteira), Les Portugais l'utilisent comme base
pour leurs incursions vers l'intérieur. En 1578, le roi Sébastien I
y débarque à la tête de 20 000 soldats dans le but de conquérir le
Maroc, mais il est vaincu et tué à la bataille des Trois Rois près
de Ksar el Kébir. Les Espagnols, qui lui succède, doivent céder la
ville au Saadiens Moulay Ahmed el Mansour pour quelques années
seulement vers la fin du XVII.
La reconquête. En 1691 Moulay Ismail enlève Asilah. il la
repeuplé de gens du Rif, fait construire deux mosquées,une
médersa et des bains, mais la ville continue de végéter. En 1829 ,
une flotte autrichienne la bombarde. En 1860, c'est au tour d'une
escadre espagnoles d'ouvrir le feu sur la cité.
L'ascension de Raissouni. Né en 1858 à Zinat, dans les Djebala,
Raissouni manifeste très tôt ses talents de brigand en terrorisant
et en rançonnant les tribus de la région. En 1876, le pacha de
Tanger met provisoirement fin à ses exactions en le faisant
emprisonner dans l'île de Mogador, en face d'Essaouira. Relâché en
1894 à la morts de Moulay Hassan, Raissouni regagne la montagne,
puis fait enlever un journaliste anglais et deux américains.
Conditions de leur libération : une rançon de 14000 livres, la
libération de ses compagnons détenus et la destitution du pacha de
Tanger qui l'avait fait arrêter. Le représentant du sultan ayant
accepté, il devient le chef des tribus des Djebala, sans pour autant
renoncer à ses anciennes activités.
Le brigand s'embourgeoise. Grâce à la complicité d'un notable d'Asilah,
Raissouni s'empare de la ville dont la population, lassée des excès
du pacha, le prie d'en remplir les fonctions. Peu soucieux
d'entériner la décision des gens d'Asilah, le makhzen dépêche ses
soldats contre le nouveau pacha, qui ne doit son saut qu'à la fuite.
Profitant de la rivalité entre Moulay Abd el Aziz et Moulay el Hafid,
dont il s'est habilement concilié les faveurs, il redevient en 1906
le maître d'Asilah.
Dans le même temps, il est nommé gouverneur des Djebala et des
Anjra, il se fait alors construire le palais que l'on peut voir
aujourd'hui. La défaite de l'Allemagne, qui lui avait promis son
aide, décidé de son sort : en 1924 , peu avant sa mort, Raissouni
est chassé par les Espagnoles, qui resteront maître de la ville
jusqu'à l'indépendance.
Visiter Asilah.
De la ville moderne, édifiée durant le protectorat espagnol - on
remarquera une église catholique construite dans le style des
missions espagnoles d'Amérique du Nord- , on atteint par l'avenue
Hassan II la ville ancienne d'époque portugaise ( XV) percé de trois
portes.
A l'intérieur de l'enceinte, on découvre un dédale de ruelles qui
courent entre des maisons dont la blancheur est rehaussée par le
vert ou le bleu des volets et des portes.
C'est par la porte de la kasba , sur le côté
oriental des remparts, que l'on gagnera le plus facilement la place
Ibn Khaldun. Celle ci est dominée par une tour carrée, dite El Hamra.
Juste à côté de la tour, donne
sur une vaste plage où sont
échouées des barques de pécheurs.
Poursuivant vers le fons de la place par les ruelles qui mènent
aux remparts, le long de l'océan, on parvient à une autre petite
place où s'élève le palais de
Raissouno. Cette demeure,érigée au début du siècle,abrite un centre
culturel mais ne présente pas autant d'intérêt que l'histoire de son
constructeur.
Les deux étages du palais comportent des chambres repartie autour
d'une cour. L"ensemble est décoré de carreaux de faïence émaillée,
de panneaux de plâtre sculpté , de boiseries peintes à stalactites,
etc.
Par la rue qui se prolonge au delà du palais - à noter les
balcons en fer forgé-, on atteint un petit bastion ou les habitants
d'Asilah viennent voir le coucher su soleil en admirant le panorama
sur la médina et l'océan. En contrebas, un minuscules cimetière
abrite une vingtaine de tombes couverte de céramique émaillées.
Le même dédale de ruelles permet de gagner Bab Homar, surmonté
d'armes portugaises difficilement lisibles, et surnommée par les
Espagnoles " Puerta de Terra ".
A voir encore dans la région.
Tanger (47 Km) ; Larache (41 Km) ; Lixus (38 Km)
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