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SEFROU
Ceuta a depuis longtemps perdu son caractère marocain. Les
mosquées, les souks, les fondouqs et les habitations mauresques d'autrefois, si
minutieusement décrits par les historiographes, ont fait place à une cité
espagnole. On reconnaît plutôt, en Ceuta et son enclave, un morceau
d'Andalousie. Mais une Andalousie revue et corrigée, maquillée même, sous les
enseignes de la fièvre commerçante «hors taxe ».
Ceuta dans l'histoire
Sept - Frères. La ville était connue dans l'Antiquité sous
le nom de Septem, ou Septem Fratres, d'ou dérive celui de Sebta. Ce nom lui
vient des sept monticules auxquels s'accroche
La presqu’île du mont Acho. Celui-ci serait le mont Abyla
des Anciens, que d'aucuns préfèrent situer au djebel Mousa, non loin du cap
Malabata.
Déjà indépendante. Enlevée en 429 par les Vandales refoules
d'Espagne par les Goths, la cité fut après la campagne de Bélisaire rattachée à
l'Empire byzantin de Justinien (527-565), puis intégrée à la Maurétanie Seconde
(582-602). Gouverneur de la ville sous Constantin IV (668-685), le comte Julien
se déclara indépendant et le resta lors de la première invasion arabe
(681-682), commandée par Oqba ben Nafi. Il fait encore lorsque Mousa ibn Noceir
l'attaqua sans succès en 705.
Une charnière un verrou. Entre deux blocs musulmans, l'un en
Espagne, l'autre en Afrique du Nord, la ville connut alors une importance
exceptionnelle qu'elle ne devait perdre que bien plus tard, lorsque s'acheva la
Reconquista. Elle fut à la fois un port ou s'embarquaient les expéditions
destinées il relancer la guerre sainte en Espagne mais aussi un verrou
interdisant l'accès de l'Afrique du Nord ou de l'Espagne aux compétiteurs qui
jaillissaient au moment des successions aux différents trônes de l'Espagne
islamique ou du Maghreb.
Une place très disputée. C'est dire si la place méritait
d'être convoitée. De 828 à 931, elle fit partie, du moins nominalement, du
royaume idrisside de Fès. Possession ensuite des califes omeyyades de Cordoue,
elle revint lors de leur chute (1010) aux Idrissides hammadites. Almoravide en
1083 puis almohade en 1145, elle passa aux Mérinides en 1273. En 1306, un
Mérinide d'Espagne, Osman ben Idriss, s'y proclama sultan du Maroc. Assiégée
peu après par le souverain légitime, Abou Thabit, elle fut enlevée par son
frère, Abou er Rabi, en 1309. En 1316 enfin, le gouverneur de la ville Yahia
ibn Afzi se déclara indépendant et conserva la place pendant une dizaine d'années.
Une ville escale. En dépit de cette histoire agitée, les
navires pisans, génois, venitiens, marseillais, catalans, etc., la
fréquentèrent dès le XIIe siècle Les Marseillais y avaient, en 1236, établi un
comptoir et son port était des plus actifs. Yacoub el Mansour y créa un arsenal
et des chantiers maritimes, mais c'est surtout du XIIe au XIVe siècle jusqu'au
déclin des Mérinides, qu'elle connut son apogée. Elle fut alors dotée de
nombreux monuments, établissements de bains, mosquées - un millier dit-on - et
d'une université des mieux fréquentées. Etape commerciale importante à
l'aboutissement de la route africaine de l'or, issue d'Aoudaghost (Mauritanie),
et à l'arrivée de marchandises provenant d'Andalousie, Sebta, où vivaient alors
d'importantes communautés juive et chrétienne, parvint dans le monde arabe à
une notoriété comparable à celle de Fès à la même époque.
Enclave espagnole. A la tête d'une armée de 50 000 hommes et
d'une flotte de 200 navires, le roi du Portugal Jean 1er s'en empara en 1415.
En dépit de plusieurs attaques, elle resta portugaise jusqu'à l'annexion de la
mère patrie à l'Espagne (1578). Les Espagnols y prirent pied en 1580 et la
détiennent depuis cette date, maigre le siège de 27 ans (1674-1701) qu'en fit
Moulay IsmaiI et les tentatives de Moulay Yazid en 1790-1791.
Ceuta aujourd'hui
Une économie déficitaire. Située en face du rocher de
Gibraltar, l'une des deux colonnes d'Hercule, la ville se développe sur
l'isthme étroit reliant l'autre colonne, le mont Acho, au continent africain,
au fond d'une large baie offrant un bon mouillage. Mais le port, autrefois le
deuxième d'Espagne, décline lentement. Malgré l'avantage de privilèges fiscaux
et sa qualité de port franc, la ville est dépourvue d'activités industrielles
et se voit supplantée par Tanger pour les relations commerciales intéressant le
Maroc. Ainsi, sans être bénéfique à ce pays, constitue-t-elle une charge
administrative coûteuse pour l'Espagne, qui y entretient toujours une forte
présence militaire - vieille tradition qui valut il Ceuta d'être, en 1936, l'un
des tremplins de l'armée nationaliste espagnole.
Ceuta «ville autonome ». Surtout, la ville craint pour son
avenir. Depuis 1995, Ceuta et Melilla jouissent en effet d'un statut de «ville
autonome », ce que leurs habitants espagnols ne ressentent pas forcément comme
positif : certains y voient un pas vers une indépendance de fait qui
préluderait il un rapprochement entre l'Espagne et le Maroc débouchant sur un
rattachement définitif à ce pays.
Visiter Ceuta
Ne recherchez pas à Ceuta les vestiges d'une occupation
antique ni les traces de la brillante civilisation musulmane qui donnaient
autrefois à cette ville un aspect bien différent de celui que nous lui
connaissons. Aujourd'hui, tout ou presque est à l'image de la péninsule
Ibérique. Les églises, l'animation des rues, le mode de vie, les magasins hors
taxes évoquent bien plus l'Europe que les souks marocains.
Douane: enclave espagnole, il n'est besoin, pour les
ressortissants de l'Union européenne, que de se munir de sa carte d'identité -
tandis que le Maroc demande un passeport en Cours de validité. Avec votre véhicule
personnel: carte grise, permis de conduire et carte d'assurance internationale.
On ne franchira la frontière avec un véhicule de location que muni d'une
autorisation de sortie du territoire pour le véhicule. Les taxis et autobus
marocains ne franchissent pas la frontière, vous en trouverez d'autres en
territoire espagnol 300 m plus loin.
Le poste de douane est souvent sature a l'époque des grands
départs en vacances: armez-vous de patience!
Entre l'attente à Algesiras pour le ferry et le franchissement
de la douane, on peut perdre jusqu'a 36 heures.
Horaires: Ceuta vit a l'heure espagnole, soit deux heures de
plus que l'heure marocaine. Si vous souhaitez profiter des magasins hors taxes,
n'oubliez pas qu'a l'heure de la sieste, tout comme le dimanche, les magasins
sont fermes.
Durée de la visite: de 2 a 3 h.
Le Musée archéologique (plan A2 ; ouvre du mardi au samedi
de 9 h il 13 h et de 16 h il 18 h, les dimanche et jour féries de 10 h il 14 h)
est installé dans les jardins d'Argentine. Il a été construit au-dessus de
souterrains dont la longueur totale atteindrait 2,5 km. Ils furent creusés aux
XVIe et XVIIe siècle afin d'assurer la protection militaire de la ville et son
approvisionnement en eau. Devant la porte du musée, on remarquera deux canons
en bronze aux armes d'Henri IV (XVIIe siècle).
A l'intérieur, on verra des objets et différentes poteries
d'époques néolithique, punique et romaine. Cette dernière époque est
représentée par des céramiques d'Arezzo, de Gaule (la Graufesenque), d'Espagne,
et par la base d'un sarcophage sculpté en marbre blanc. Les vitrines consacrées
à l'époque médiévale rappellent l'épanouissement de la civilisation musulmane
et importance commerciale de la cité alors fréquentée par les puissances
maritimes de la Méditerranée.
La plaza de Africa , centre de la ville, a été aménagée sur
l'emplacement d'un marché de l'ancienne médina. Elle était autrefois bordée
d'un palais, d'une mosquée. Tous ces édifices disparurent à partir du XVIII siècle.
L'église Notre Dame d'Afrique L'église fut ainsi baptisée en
1704 a 1726 l'emplacement d'une mosquée. L'intérieur, baroque à souhait, est des
plus inattendus en terre africaine. On Pourra y voir un intéressant trésor
(tableau, bannières, livre portugais enluminé du XVII siècle) et, sur le maître
autel, la statue miraculeuse de la vierge alcade du XVI siècle.
L’église fut ainsi baptisée en l’honneur de la patronne de
Ceuta, à qui l’on attribue le mérite d’avoir mis fin à une épidémie au
XVI siècle. La branche d'olivier sauvage, que le premier gouverneur de la
ville tenait à la main créé en 1920 par le général Millan lorsque le roi Juan I
lui accorda l'investiture, resta 1 emblème des gouverneurs de Ceuta après son
rattachement a 1 Espagne. En 1744, le gouverneur D. Pedro de Vargas Maldonado
déposa ce rameau entre les mains de la Vierge, plaçant ainsi la ville, sous sa
protection, alors épidémie de peste la ravageait
La cathédrale occupe la place d'une ancienne mosquée. Elle
fut affectée au culte catholique par une bulle d'Eugène IV (1432). Sa forme
actuelle remonte à 1729. La nef centrale est dallée de plaques tumulaires
armoriées d'évêques de Ceuta.
L'ayuntamiento (hotel
de ville ; visite possible) sur le coté est de la place, date de 1929. On
remarquera les décors peints de Mariano Bertuchi, peintre fécond de l'époque
coloniale. Au centre de la place, un monument aux morts de la guerre d'Afrique
(1859-1860) comporte de beaux bas-reliefs en bronze.
Le Candelero, l'ancienne forteresse portugaise, est conçue
selon des principes que reprendra Vauban. Elle conserve un puissant rempart
limité par deux bastions, au pied duquel le fossé San Felipe, rempli d'eau,
sépare l'isthme du continent .En 1530, le futur saint Jean de Dieu travailla à
la construction de ce Système défensif. Le fossé s'ouvre au nord sur le port, à
la fois de commerce (port franc) et de peche ( peche nocturne au lamparo ).
La calle J. Victorigoiia, le long laquelle se trouve le
marché, occupe l'emplacement comblé d'un second fossé qui renforçait autrefois
la défense du mont Acho.
De la, on pourra rejoindre le paseo Colon ou se trouve le
musée de la Légion (Légion étrangère ) cree en 1920 par le général Millan
Astray et qui évoque à travers l'histoire militaire les engagements coloniaux
de l'Espagne en Afrique, et notamment la guerre du Rif.
Le paseo del Revellin , artère la plus animée de la ville,
se prolonge sous divers noms jusqu'au pied du mont Acho. Dans cette partie de
la ville, d'un intérêt assez limité, se trouvent l'eglise San Francisco (plaza
C. Ramos), qui garda un temps les restes de Sebastien 1er de Portugal, et
l'église Nuestra Seniora de los Remedios, de 1716. A côté, une plaque apposée
sur la casa Grande rappelle la naissance d'Augustine d'Aragon, héroïne de la
défense de Saragosse lors du siège de la ville (1808-1809) par les troupes
napoléoniennes.
Le tour du mont Acho s'effectue par une bonne route, la
carretera de San Antonio. Après la plage et le parc de San Amaro Gardins
andalous ; théâtre de plein air) puis le monument du Soulèvement national
(ramené pierre par pierre de Kétama après 1956), se détache à gauche la
carretera del Cemeterio. A la pointe de Santa Catalina, le cimetière est établi
en face d'un Îlot, autrefois relié au continent par un pont. Construit au XIV
siècle par le Mérinide Abou el Hassan, cet ouvrage permettait d'accéder au
bordj el Ma, le château de l'Eau, défense avancée du port.
Du phare lui domine la pointe Almina, vue au Nord sur
Gihraltar et au Sud-Est sur les montagnes de Tétouan et la côte du Rif.
Peu après, une route se détachant à droite conduit à la
forteresse couronnant le mont Acho (181 m), El Desnarigado, où est installé un
musée militaire De ce fort on aura de belles vues sur la mer et la côte. tout
en visitant les cinq salles de souvenirs historiques de l'armée espagnole.
Cette route mène également à l'ermitage de San Antonio, de
1593, autour duquel, le jour de la Saint-Antoine (13 juin) une fête rassembler
la population de la ville dans un grand déploiement de liesse et de folklore.
A voir encore dans la région La route du cap Malabata et
Tanger (63 Km Ouest) ;
Tétouan (38 Km Sud).
Au départ de Ceuta
De Ceuta à Tétouan (42 Km Sud par la P28 avec détour par Martil
; 38 Km en suivant la route directe).
Les deux premiers tiers de la route longent la mer et sont
bordés de plages sures, ce qui a fait de cette portion du littoral un vaste
complexe touristique. Mais hôtels, villages de vacances, résidences et
campings, bien que déjà nombreux, ne s'y disputent pourtant pas la place.
Celle-ci ne manque pas et chacun peut étaler ses constructions le long de la
mer. Cette partie de la côte, la plus plate et la moins spectaculaire du
littoral méditerranéen, ne s'anime qu'entre juin et septembre. Elle ressemble
un peu à la continuation de la Costa del Sol, en plus réussi et en moins dense.
On y trouvera en fait assez peu d'hôtels, mais surtout des complexes
touristiques en copropriété.
Quittez Ceuta par l'avenida M. Catena.
3,5 Km : Bab Sebta, poste frontière.
Puis on laisse à dr. Fnideq (7 Km), d'ou part la route du
cap Malabata.
16 Km : Smir-Restinga. A gauche, villages de vacances de
Maroc-Tourist et du Club Méditerranée if en hiver) à l'architecture peu
engageante.
21 Km : village de Kabila, à l'embouchure de l'oued Smir. On
y trouvera un hôtel et une marina.
27 Km: M'diq, petit port de pêche, village et station
balnéaire à la base du promontoire rocheux du Ras Tarf, le cap Noir, que l'on
continue à désigner sous son nom espagnol de Cabo Negro. M'diq est en été le
cadre d'une importante manifestation touristique (en général dans la première
semaine du mois d'août ; soirées folkloriques, fantasias, etc.), mais conserve
plus d'authenticité que la station voisine qui reprend le nom du cap. On peut
encore y voir des artisans construisant des bateaux de manière traditionnelle.
Après M'diq, on peut emprunter la première piste sur la g.
pour rejoindre le phare du Cabo Negro. Au-delà de la piste, poursuivre à pied
(compter 1 h de marche) pour parvenir au sommet de la colline dominée par le
phare. De là, vue exceptionnelle. ...
La route, en quittant la côte, laisse au loin le promontoire
du mont Acho et le triangle caractéristique du rocher de Gibraltar qui se perd
dans une brume bleutée.
29,5 Km : route à g. pour les villages de vacances de Taifor-Cabo
Negro et de Yasmina, à 3 Km if en hiver) ; terrain de golf.
Le village de Cabo Negro, pour lequel le sculpteur César
réalisa une fontaine, est certainement le plus attrayant de la côte. Il s'agit
en fait d'un village de vacances aux petites maisons blanches étagées à même la
falaise. Après s'être garé sur un parking à l'écart, on trouvera un hôtel très
agréable et un restaurant le long de la plage, fort belle, bien qu'un peu trop
construite et «privée », c'est à dire réservée aux résidents. Agréable terrain
de golf.
39 Km : Martil Cette
station balnéaire, qui fut longtemps un repaire de corsaires, étire ses
immeubles modernes aux allures de tour le long d'un front de mer de plusieurs kilomètres.
Sans aucun charme, mais située sur une belle, plage, elle forme la station
populaire de Tétouan ou se ruent en été les habitants de la cité toute proche,
et conserve une activité de pêche.
42 Km : Tétouan
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