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Fès
Fès ou Fez ( فـاس
[fās], en arabe, Fes en anglais)
est la quatrième plus grande
ville du Maroc, après
Casablanca, Rabat et Marrakech
avec une population de
1,4 millions d'habitants. C'est
l'une des quatre « villes
impériales » (avec Marrakech,
Meknès et Rabat). La vieille
ville, un exemple modèle d'une
ville orientale, est placée sous
la protection de l'UNESCO. Le
bleu profond de ses céramiques
est un des symboles
caractéristiques de Fès. Elle
possède la plus grande médina
(vieille ville) du monde. Son
rayonnement international passé
en fait l'une des capitales de
la civilisation arabo-musulmane
aux côtés de Damas, Bagdad,
Courdoue, Grenade, Al Quods...
Selon une légende, le nom de la
ville viendrait de la découverte
d'une pioche (arabe : [fās],
pioche) à l'emplacement des
premières fondations.
Fès ne se livre pas facilement.
Pour y accéder, il faut rentrer
par la grande porte, à la fois
visible et voilée, du sacré. Car
Fès est un sanctuaire. C'est
ainsi d'ailleurs que les Soufis,
ces initiés de l'Islam, l'ont
toujours appelée: la Zaouïa. Le
voyageur qui venait de loin
savait qu'en arrivant aux portes
de la ville, c'est à son
fondateur et à son saint patron
lui-même qu'il demandait
l'hospitalité. Pour lui, Fès est
la ville de Moulay Idriss.
Beaucoup de Fassis connaissent
encore par cœur ce que les
chroniqueurs rapportent comme
étant les paroles, lors de la
prière inaugurale, du saint :
« Ô Dieu, Tu sais que je n'ai
pas construit cette ville par
vanité, par désir de renommée ou
par orgueil. Mais je voudrais
que tu y sois adoré, que Ton
Livre y soit Lu et Ta Loi
appliquée tant que durera le
monde. Ô Dieu, guide vers le
bien ceux qui y habitent et aide
les à l'accomplir, voile à leurs
yeux l'épée de l'anarchie et de
la dissidence… »
Fès, qui fut pendant plusieurs
siècles une capitale politique
et intellectuelle du Maroc,
était devenue un centre de
rencontres et d'échanges. On
rapporte que Sylvestre II
(Gerbert d'Aurillac), Pape de
999 à 1003, y séjourna dans sa
jeunesse pour y faire des études
à la suite desquelles il
introduisit les chiffres arabes
en Europe. Maïmonide, médecin et
philosophe juif, y vécut
également quelques années durant
lesquelles il enseigna à la
Qaraouine. L'œuvre de ce
philosophe est une merveilleuse
illustration de cette symbiose
de la culture judéo-islamique
qui avait prévalu en Andalousie,
et trouvé un écho similaire à
Fès.
Histoire
Fondation
La ville « Medinat Fés » a été
fondée par Idrîs I er en 789 à
la place de l'actuel quartier
des Andalous. En 809, Idris II
fonde « al-Aliya » sur l'autre
rive de l'oued de Fès. Al Aliya
se développe très vite et
devient une véritable ville avec
mosquée, palais et kisariya
(halle, marché).
Les sources d'eau vitales aux
alentours de Fès, qui avant même
sa fondation étaient connues et
louées en chanson, ont sans
aucun doute été un critère
important lors du choix de
l'emplacement pour la future
métropole.
Les évolutions suivantes sont
dues à deux vagues successives
d'émigration : à partir de
817 - 818 s'installent dans la
ville fondée par Idrîs I er près
de 800 familles andalouses
expulsées par les Omeyyades de
la ville espagnole de Cordoue.
Peu de temps après environ
2 000 familles bannies de
Kairouan s'installent sur
l'autre berge. La mosquée
universitaire « al-Qarawiyine »
fondée au IX e siècle devient
l'un des centres spirituels et
culturels les plus importants de
l'époque]. Son influence se fait
ressentir jusque dans les écoles
de l'Espagne islamique et
au-delà vers l'Europe et elle
est connue pour être la plus
ancienne université au monde.
Les nouveaux arrivants apportent
avec eux aussi bien un
savoir-faire technique et
artisanal qu'une longue
expérience de la vie citadine.
Sous leur impulsion, Fès devient
un centre culturel important et
après la fondation de la mosquée
universitaire Karaouiyne le cœur
religieux du Maghreb.
Fès se trouve à un emplacement
particulièrement avantageux, au
croisement de routes
commerciales importantes, au
cœur d'une région naturellement
généreuse avec des matières
premières précieuses pour
l'artisanat (pierre, bois,
argile). Ceci lui permet de se
développer très rapidement. Fès
se trouve notamment sur la route
des caravanes allant de la
Méditerranée à l'Afrique noire
en passant par la grande ville
commerciale Sidjilmassa
(disparue au XVII e siècle) dans
la région de Tafilalt (ce qui
correspond de nos jours à la
région de Rissani/Erfoud).
Moyen Âge
Les deux parties de la ville
s'unissent au Moyen Âge,
détruisant le mur qui les
séparait. Fès perd son rôle de
capitale avec la fondation
almoravide de Marrakech au XI
e siècle mais le reprend en 1250
grâce à la dynastie mérinide.
Sous leur règne, la nouvelle
ville El Medinet El-Beida (la
ville blanche) est fondée en
1276, elle est équipée de
remparts, de palais et de
jardins. Elle est rapidement
connue sous le nom de Fès Djedid
(la nouvelle Fès) en opposition
à Fès el Bali (la vieille
ville). La population juive qui
se trouvait aux alentours du
palais est forcée de partir et
le mellah (quartier juif) se
forme dans l'ancien quartier de
la garnison des archers syriens.
Au début du XIV e siècle (apogée
de l'art hispano-mauresque), la
ville connaît une forte
croissance. L'université de Fès
est alors connue mondialement.
Grâce aux caravanes allant
jusqu'au port de Badis dans le
Rif, Fès est en permanence liée
à l'Espagne islamique et à
l'Europe. En 1471, la ville
tombe aux mains de la dynastie
Beni Wattas.
XVI - XVIII e siècles
En 1522, Fès souffre d'un
tremblement de terre qui détruit
la ville en partie. Dans les
années qui suivent, de nombreux
bâtiments sont reconstruits,
restaurés ou remplacés par des
nouveaux. La dynastie des
Saadiens prend la ville en 1554
mais choisit Marrakech comme
capitale. À la fin du XVII
e siècle, avec les débuts de la
dynastie alaouite, Moulay Ismail
choisit Meknès comme nouvelle
capitale. Il installe à Fès une
partie du clan des Udaia qui
l'avaient aidé à gagner le
pouvoir. Après sa mort (1727),
les Udaia se révoltent, ils ne
seront chassés de la ville qu'en
1833 par Abd er Rahman. Moulay
Abdallah, le successeur de
Moulay Ismail, fait de Fès son
lieu de résidence et fait
rénover ou nouvellement
construire mosquées, écoles
(madrasas), ponts et rues, les
rues de Fès Djedid sont pavées.
XIX e siècle
Au XIX e siècle, les deux
anciennes parties de la ville
sont reliées à de nouvelles
constructions comme le palais
Boujloud. Jusqu'au début du
protectorat en 1912, Fès est la
capitale du Maroc.
Le protectorat
français et l'indépendance
C'est à Fès que le traité de
protectorat français et espagnol
(pour le Nord du pays ainsi que
le Sahara Occidental) est signé
le 30 mai 1912. Moins de trois
semaines après la signature, des
émeutes éclatent dans la ville.
Rabat est déclarée
officiellement capitale du
Maroc, Fès reste cependant un
lieu de résidence royal
important et un centre culturel,
artisanal, commercial mais aussi
politique. L'istiqlal (Parti de
l'Indépendance) est établi à Fès
par Allal El-Fassi. Beaucoup des
initiatives pour chasser
l'occupant français partent de
Fès. En 1944, est rédigé le
manifeste pour l'indépendance
dans une maison de l'ancienne
médina, aujourd'hui place de l'Istiglal.
La ville sera l'objet d'émeutes
dans les années 80 et début 90.
Sous la direction de Lyautey et
d'après les plans de
l'architecte Henri Prost, une
nouvelle ville se développe dans
les environs de Dar Debibagh au
sud de Fès Djedid. Si elle fut
dans un premier temps le
quartier résidentiel des
européens, la « ville nouvelle »
a continué à se développer comme
ville arabe moderne avec de
nouveaux quartiers de villas.
Les autorités, institutions et
entreprises de services s'y sont
installées.
Aujourd'hui
La ville de Fès compte
actuellement environ
1,4 millions d'habitants et se
divise en deux parties :
Fès Médine considérée comme
patrimoine mondial de l'UNESCO ;
Fès ville nouvelle (Dar Dbibegh)
qui reflète la modernisation et
le développement économique du
pays. Ainsi, c'est dans cette
partie de Fès que se rencontrent
modernité (centres commerciaux,
buildings, hôtels 5 étoiles...)
et tradition.
Ces dernières décennies, le
tourisme n'a cessé de se
développer (1 million de
visiteurs par an) et est devenu
un important facteur économique.
Ceci est devenu d'autant plus
important grâce à des
manifestations culturelles telle
que celle au courant de juin de
chaque année « le Festival des
musiques sacrées du monde ».
Les Grandes familles de Fès
Les grandes familles de Fès,
même installée aujourd'hui à
Casa, sont considérées comme
étant les authentiques fassis,
ses anciennes familles ont une
histoire particulière, qui les
détâchent des autres habitants
de Fès d'aujourd'hui, que
l'exode rural a récemment amené
dans la ville. Les nobles de
l'Islam et du monde arabe sont
un mélange de différentes
origines : les chorfas
(descendants du Prophète), les
beldyin (descendants des juifs
convertis à l'islam sous la
dynatie almohade) et les
andalous (notamment ceux chassés
d'Espagne par la Reconquista).
Ce mélange a donné naissance à
des familles à la notoriété
nationale si ce n'est
internationale, pour ses riches
commerçants, ses savants, ses
artistes et ses chorfas. La
plupart sinon la quasi-totalité
des grandes familles fassis ont
depuis plusieurs décennies
émigré vers d'autres villes du
Maroc, Casablanca
principalement. Mais que ce soit
à Casablanca ou ailleurs, les
familles fassis sont héritières
d'une civilisation et conservent
une culture et un art de vivre
commun spécifique qui les
différencient des autres
marocains.
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