MARRAKECH

Comme Fès, Rabat et Meknès, Marrakech a le privilège d'être une ville makhzen, c'est à dire impériale. Elle jouit également d' un prestige particulier : celui d'avoir donné son nom au pays tout entier. L'attraction de la prestigieuse cité fondée au XI par les Almoravides, aujourd'hui la troisième ville du royaume, s'exerce encore au delà de la barrière montagneuse du Haut Atlas, jusqu'aux confins sahariens. Marrakech est aussi la grande métropole berbère où affluent, du Haut Atlas et de l'extrémité ouest du Moyen Atlas, de rudes montagnard au type ethnique affirmé, et les gens de l'Ani Atlas et des vallées présahariennes, du Dra surtout, où le métissage avec les populations noires est parfois très marqué. La prédominance berbère dans la population explique sa grande originalité. Celle ci s'exprime particulièrement sur la place .

Jemma el Fna, le coeur de la ville, où se produisent conteurs, charmeurs de serpents, jongleurs et autres funambules qui transforment cette esplanade en un gigantesque théâtre de plein air.

Enfin , Marrakech s'étale largement, exposant fièrement ses richesses et s'annonçant de loin par le puissant minaret de la Koutoubia qui s'élance au dessus des remparts, tel un phare dans la plaine du Haouz.

Découvrir Marrakech.

les promenades.

1-Le tour des remparts. long de 19 Km, flanqués de 202 tours, percés de neuf portes monumentales, les remparts donnent une bonne idée de l'importance historique de la ville.

2-Le coeur de la médina : La Koutoubia et la place Jemma el Fnaa. Jemaa el Fnaa est le coeur vivant de la ville, tout à la fois marché et lieu de spectacles en plein air ; ses couleurs et son animation sont devenues légendaires dans le monde entier. En vue de la place, la mosquée de la Koutobia, joyau de l'art hispano mauresque lance son splendide minaret vers le ciel.

3-Les tombeaux Saadiens, le palais el Badi et le mellah. L'une des promenades le plus intéressantes sur le plan artistique. Murés par Moulay Ismail, les tombeaux Saadiens ne furent retrouvés qu 'n 1917. Le palais el Badi subit aussi les foudres du second souverain alaouite, mais ses ruines grandioses témoignent toujours de la dynastie sadienne. Tout proche, le mellah où habitait autrefois la communauté juive de Marrakech. Quant à la mosquée de la kasba, elle se distingue par son élégant minaret.

4-Le palais de la Bahia et le musée Dar Si Said. Deux autres palais remarquables de Marrakech, construits à la fin du XIX. le Bahia est un véritable enchevêtrements de cours et d'appartements. Le Dar Si Said, de dimension plus modeste, abrite un intéressant musée d'art marocain.

5-Les souks. Leur exploration est une merveilleuse aventure où se laisse entraîner d'une échoppe à l'autre au gré d'une foule bigarrée.

6-Le nord de la médina. Partant de la médersa Ben Youssef, vous explorerez les ruelles étroites de cette partie de la médina , à la recherche des tombeaux des saint de Marrakech, de vieux fondouqs qui résonnent aujourd'hui de l'activité des artisans ou de belles fontaines.

7- Les jardins de Marrakech et le Guéliz. Cette promenade vous permettra de vous détendre dans les jardins de la ville, loin de la foule et du bruit. La Mènera est une immense oliveraie très appréciée dans Marrakchis viennent y pique niquer en famille. Le jardin Majorelle, disposé autour de la demeure de l'artiste aujourd'hui transformée en musée d'art islamique, s'inscrit dans la tradition des jardins orientaux. Entre ces deux havres de verdure s'étend le Guéliz, la partie moderne de la ville, dont la construction fut décidée par Lyautey pour loger les administrations et les fonctionnaires du protectorat : certains bâtiments de cette époque sont encore visibles.

Marrakech à la carte.

Mosquées médersas. Les mosquées ne sont pas ouverte au public mais certaines présentent des minarets et une architecture extérieure très intéressants : la moquée de la Koutoubia, avec son remarquable minaret, la mosquée Ben Youssef. Les medersas offrent une décoration raffinée qui associe bois sculpté,stucs et zelliges : parmi elles, la médersa Ben Youssef.

Les jardins. Oasis de pais et d'harmonie au coeur du vacarme de la ville. La mènera est le plus vaste d'entre eux ; le jardin Majorelle marie avec bonheur de multiples essences exotiques; le jardin de l'agdal, planté de citronniers et d'orangers.

Les palais. ville royale, Marrakech fut embellie par ses souverains successifs qui se firent construire de somptueuses demeures. Le palais el Badi, dont il ne reste que des ruines grandioses, témoigne de la splendeur des Saadiens ; le palais de la Bahia fut construit par le grand vizir du sultan à la fin du XIX le palais royal,édifié en 1747 et rénové par Hassan II reçoit le roi sen séjour.

L'artisanat. Les souks, la médina... Mais aussi des musées : le savoir faire et la créativité des Marrakchis se découvrent avec les pièces exposées au Dar Si Said, un ancien palais aménagé en musée - qui doit encore être enrichi. Plus vivante et chaleureuse, la maison tiskiwin, à coté du Dar Si Said : Bert Flint, ce passionné de l'artisanat marocain, y a rassemblé une collection de tapis qui complète parfaitement celle du musée voisin.

Les souks. Les souks de Marrakech méritent bien leur renommée. Organisé par corps de métiers, ils se visitent au gré d'une promenade qui vous entraîne vers le souk des potiers, des vanniers, des dinandiers, des teinturiers, celui des épices odorantes, le souk des tapis vendus à la criée, ou encore celui des bijoutiers, à l'atmosphère plus feutrée.

La médina. Le coeur battant de la ville ancienne reste la place Jemaa el Fnaa, bruissant chaque après midi et jusque tard dans la nuit des appels des bateleurs, du son aigrelet des flûtes des charmeurs de serpents, des récit des conteurs... Les ruelles de la médina contrastent par leur atmosphère paisible,abritant maisons et jardins derrière de haut murs.

Les fontaines. Au coeur de la médina, ces fontaines auxquelles s'approvisionnaient les habitants restent de véritable oeuvres d'art. La fontaine "Ghrob ou Chouf " porte une façade en bois sculpté. Le bassin rectangulaire de la fontaine el Mouassin a quant à lui bénéficié d'une restauration.

Vivre Marrakech.

Petit déjeuner. Dans l'un des cafés de la place Abd EL Mou men ben Ali, au centre du Ghéliz, on sert café crème et croissants frais. On y lira son quotidien du matin en lézardant paresseusement sur la terrasse, sous le soleil.

Aller au hammam. Détente et vigueur nouvelle garantis avec un bain de vapeur suivi d'un massage et d'une douche froide.

Les roses de Guéliz. Vous rentrez en France depuis l'aéroport de Marrakech , Pourquoi ne pas ramener un souvenir odorant et coloré : une brassée de roses que vous trouverez au marché de Ghéliz. Les marchands, coutumiers du fait; vous les emballeront dans un  paquet très commode que vous porterez à l'épaule comme une sorte de carquois.

Prendre un thé. Sur la terrasse de l'Hôtel de France qui donne la place Jemma el Fnaa, en fin de journée, au moment où l'activité commence à battre son plein. Ou bien au dernier étage du café Panorama, sur l'avenue Mohammed V, à Guéliz : on y découvre l'une des plus belle vues sur Marrakech, avec au loin les hauteurs de l'Atlas qui s'enflamment au soleil couchant.

Spécial lune de miel. En calèche au clair de lune. On ne peut rêver promenade plus romantique à travers les ruelles de la vieille ville. Et pourquoi ne pas terminer la balade à la Mamounia ou dans l'un des superbes restaurants de la vieille ville.

Escargots et panse farcie. On mange  les premiers dans des bols, debout devant les stands qui les proposent aux amateurs. La panse se sert grillée, à la table de l'une des innombrables gargotes d la place Jemma el Fna, dès le coucher du soleil.

Une autre expérience culinaire ; à la rupture du jeûne, pendant le mois de Ramadan, on dégustera l'un de ces restaurants improvisés une harira brûlante, épaisse et épicée.

Le souk des chameaux. Tous les jeudi à la sortie de la ville en direction d'Essaouira. Ames sensibles s'abstenir : ces braves bêtes sont vendues comme animaux de bat, mais aussi comme viande de boucherie ; on les égorge tôt le matin.

Sortir le soir. Cabaret, night clubs ... Au casino de la Mamounia ou à celui du Saadi, la chance vous permettra peut être de vous payer une chambre dans l'un de ces deux palaces.

Marrakech mode d'emploi.

Quant visiter? La saison idéal celle ou l'on ne peut être incommodé par la Chaleur, s'étend de novembre ou décembre jusqu'en mai. Le festival de Marrakech, qui a lieu début juin, pourra clore avec bonheur un séjour au printemps.

S'orienter. La ville se divise en quartiers qui correspondent aux différentes étapes de son histoire.

- La médina, c'est la vieille cité entourée de ses remparts, son monuments le plus évident étant le minaret de la Koutoubia. En son centre , la place Jemma el Fnaa, sur laquelle s'ouvrent les souks.

- Le Guéliz, C' est la ville nouvelle, voulue par Lyautey pour ne pas modifier l'harmonie intérieure de la vieille ville. Elle est reliée directement à la place Jemaa el Fna par l'avenue Mohammed V.

- L'Hivernage qui prolonge le Guéliz au sud est limité par les remparts et les jardins de la ménara . Il date également du protectorat. De nombreux hôtels y ont été construits, aérés de grands jardins.

- Le quartier industriel s'étend à l'ouest du Guéliz, sans plan d'urbanisme précis ; il est dominé par une colline ponctuée de casernes militaires.

Se déplacer. A l'exception des souks et de la médina sont la visite n'est concevable qu'à pied, tous les monuments de la ville peuvent être atteints en voiture ou en calèche. Le stationnement ne pose pas de problème.

- Les calèches sont nombreuses à Marrakech et offrent un mode de locomotion agréable et peu onéreux, à condition toutefois de discuter les prix.

- Les petit taxis jaunes qui assurent le transport urbain appliquent aussi des tarifs raisonnables, mais qu'il vaut mieux avoir fixé avant la course.

- Il existe aussi 5 lignes d'autobus sillonnant les principales artères ; la ligne principales relie le Guéliz à la place Jemaa el Fna.

S'organiser. Les congés hebdomadaires sont officiellement le samedi après midi et le dimanche, mais dans les souks les commerçants préfèrent baisser leur rideau le vendredi, plus tôt l'après midi Heures de fermeture quotidienne : entre 13 h et 16 h. Les musée et jardins sont ouverte tous les jours mais ferment généralement à l'heure du déjeuner puis à 18 h.

Proposition de programmes.

Une journée . On se limitera à la ville ancienne en visitant le matin les tombeaux Saadiens, le palais el Badi et le palais de la Bahia. De là, on se dirigera vers la place Jemaa el Fna où il sera temps de s'octroyer un peu de repos ainsi qu'un déjeuner. On visitera au crépuscule sur la place Jemma el Fna pour se mêler à la foule des badauds qui prenne possession de l'esplanade.

Deux jours. On pourra prendre le temps de flâner davantage ne consacrant par exemple une journée entière à la visite des souks et de la partie nord de la médina. On terminera par la place Jemaa el Fna . au moment où l'animation commence à battre son plein . Le second jour conduira au quartier des palais au sud de la médina , puis dans l'après midi vers les jardins de la ville.

Trois jours. C'est la durée minimum pour faire connaissance avec Marrakech, pour y flâner longuement de la ville. O, pourra alors sans se presser suivre toutes les promenades proposées ci dessous , et même trouver le temps d'une incursion dans la palmeraie.

Une semaine. Marrakech s'aura alors plus de secret pour vous. Entre les visites, on pourra s'octroyer de longs moment de détente au bord de la piscine de son hôtel. On pourra également effectuer de superbe excursions dans les environs : sur la belle et animée Essaouira, ou alors, si l'on ce craint par la chaleur, dans les terres ne visitant les cascades d'Ouzoud, la vallée de l'ourika et l'Oukaimeden.

Marrakech dans l'histoire.

Des fondateurs dédaigneux. Les origines de la ville assez confuses. Selon Gaston Deberdun, on trouverait à l'origine de Marrakech un camps créé vers 1070 par Abou Bekr, l'un des plus valeureux chefs des Almoravides, grands ,nomades sahariens de la tribu des Lemtouna. On les appelait également les Sanhadja au litham, c"est à dire au voile, car ils portaient un voile sur la partie inférieure du visage et un autre sur le front et la tête, comme les Touareg. Cette tenue leur permettait de railler les autres populations du Maghreb qu'ils qualifiaient de gobe-mouches.

Abou Bekr construire une kasba, le Qasr el Hajat, le " château de pierre ", dont les vestiges ont été retrouvés au nord de l'actuelle Koutoubia. Quant au campement groupant les tentes les Lemtouna, des gens d'Aghmat et des Masmouda de la plaine du Haouz, il fut entouré d une enceinte d'épines de jujubier.

<<Qui va à la chasse...>> Appelé au Sahara où venait d'éclater une révolte, Abou Beker confia, en janvier 1071, à son cousin Youssef  ben Tachfin le soin de gouverner les nouvelles possessions almoravides. Devenu pratiquement le maître de Marrakech, Youssef ben Tachfin dut fonder immédiatement une grande mosquée dont il ne reste rien. Puis il recruta en Espagne un corps de mercenaires chrétiens et, au Soudan, deux mille soldats noirs pour constituer sa milice personnelle. lors du retour d'Abou Bekr, en 1072 ou 1073, il restait trop fermement installé pour rétrocéder à son cousin le gouvernement qui lui avait été confié.

La capitale des Almoravides. Ayant étendu son autorité sur le nord du Maroc, Youssef  ben Tachfin franchit ensuite le détroit de Gibraltar pour s'assurer la possession de la plupart des principautés musulmanes de la péninsule Ibérique. Malgré sa préférence, semble t il, pour Fès, Marrakech profita largement des ses conquêtes, non seulement par l'apport de riche butins, mais aussi grâce à l'établissement de relations commerciales , avec l'Espagne notamment. A la mort du grand conquérant 1106, son fils Ali ben Youssef, souverain guerrier, pieux et lettré tout à la fois, entreprit de donner à Marrakech son visage de capitale d'un empire qui s'étendait du Sahara à l'EBRE? de l'Atlantique à Alger.

La ville s'adonna au commerce avec toutes les provinces de l'empire et son artisanat se développa. Sans avoir été aussi florissante que dans la Bagdad des Abbassides, ainsi que l'affirma le chroniqueur El Marrakchi, la vie intellectuelle y fut intense.

Les Almohades : fanatisme destructeur... On sait comment , succombant aux querelles religieuses, victime de son intempérance et de son fatalisme, la dynastie almoravides cédera la place aux intransigeants Almohades. Marrakech, peu éloignée du foyer spirituel des futurs maîtres du Maroc, sera la première victime de leurs attaques. D7S 1121, Ibn Toumert et son lieutenant Abd el Mou men y provoqueront des incidents.

Après un premier échec aux portes même de la ville en 1128 ou 1130, Abdel el Mou men entreprend une vaste ronde armée dans le nord du Maroc avant de mettre le siège devant Marrakech vers juin 1146. La ville est prise d'assaut le 23 mars 1147 et aussitôt mise à sac. Conformément aux ordres donnée par Ibn Toumert avant sa mort, les Almoravides sot exterminés, leurs sanctuaires détruits.

... et ardeur constructrice. Se parant du titre de "Prince des croyants", Abd el Mou mem s'installe dans le palais d'Ali ben Youssef. Il édifié une première Koutoubia, puis une seconde juste à coté, et crée de grade citernes et un vaste jardin. Son successeur, Abou Yacoub Youssef (1163-1184), agrandit sa capitale par l'adjonction d'un nouveau quartier abrité par un rempart se soudant à la première enceinte. On lui doit également l'aménagement d(un grand jardin, qui est sans doute l'actuel Agdal. Yacoub el Mansour ( 1184-1119), le fils aîné d'Abou Yacoub Youssef, est un infatigable bâtisseur. A partir de 1185, il dote la ville d'une nouvelle kasba qui ne comptait pas moins de douze palais, des jardins, des pavillon, des bassins, une mosquée un oratoire de plein air pour la prière publique, une kisaria, un hôpital et une place d'armes où sa cavalerie se livrait à des exercices. L'ensemble, protégé par une enceinte distincte, contribua à l'élargissement de Marrakech vers le sud.

Un nouveau centre intellectuel, L'apogée que connut la ville sous ces trois premiers souverains almohades se manifesta également dans l'industrie et le négoce par le renforcement des liens avec l'Espagne musulmane. Comme sous les Almoravides, Marrakech attira à cette époque de nombreux savants et poètes, notamment le célèbre philosophe, médecin et savant Averroès ( Mohammed iben Rochd) qui y écrivit son traité de la substance de l'univers et une partie du Commentaire moyen sur la traité " Du Ciel" il y mourut en 1198 et y fut inhumé quelque temps avant que sa dépouille ne soit transférée à Cordoue.

Le déclin. Marrakech souffrit énormément de la faiblesse des derniers souverains de la dynastie, de leurs querelles intestines, de leurs luttes fratricides et des révolutions de palais. Les Mérinides mirent à profit ces événement : après avoir méthodiquement occupé la région de Fès, ils attaquèrent la ville qui tomba en 1629. Son conquérant, Abou Youssef Abd el Haqq, n'y séjourna que deux ans transférant ensuite sa capitale à Fès.

Une capitale épisodique. Le simple rôle de métropole du Sud marocains ne convient guère à Marrakech qui tente à plusieurs reprises de se soulever contre le gouvernement central , parfois même sur l'initiative de princes mérinides comme Abou Inan, le fils d'Abou el Hassan.

En 1374, la vice royauté de Marrakech est concédée à Abd er Rahman ben Ali Ifallousin par le prétendant Abou el Abbas qui s'installe à Fès, Consacrant la division de l'empire mérinide en deux royaumes antagonistes qui se combattront pendant une dizaine d'années.

En 1521, un prince saadien, Ahmed el Araj, occupe Marrakech. Il devra cependant attendre jusqu'en 1524 pour prendre la kasbah. La cité est bien déchue mais il en fait néanmoins sa capitale. Elle deviendra celle du Maroc tout entier après que son frère Mohammed ech Cheikh, maître du Sous, puis de Fès 1549, eut décidé de s'y installer en 1554.

Après la conquête de Tombouctou 1591 , le saadien Abou el Abbas el Mansour, surnommé ed Dehbi ,fut de Marrakech sa principale résidence impériale. La ville s'enrichit de magnifiques constructions, décorées de marbre de Carrare payé,dit-on, au poids du sucre.

Sous les Alaouite, le siège du gouvernement st transféré à Fès et à Meknes. De temps à autre, quelques sultans font toutefois des séjours à Marrakech où ils marquent leur passage par d'importants travaux.

Moulay el Hassan 1873-1894 y est proclamé sultan avant d'être reconnu à fès. Son fils Moulay el Aziz y séjourne de 1895 à 1901. le palais de la Bahia fut édifié sous son règne par de ses vizirs, Ba Ahmed.

Des velléités de domination. C'est à Marrakech qu'en 1907, profitant du départ de Moulay Abd el Aziz, son frère Moulay Abd el Hafid se fait proclamer sultan du Maroc; c'est à Marrakech encore qu'en 1912, après l'abdication de Moulay Abd el Hafid, El Hiba se fait également proclamer sultan par ses partisans ( la population locale, lassée par des années de guerre civile et d'anarchie, accueillera d'ailleurs avec un certain soulagement l'arrivée des troupes françaises).

Lyautey, dans le but de sauvegarder le patrimoine architectural marocain et de séparer les populations fait appel à l'urbaniste Henri Prost. Celui çi crée à coté de la médina enserrée dans ses remparts le quartier du Ghéliz, destiné à l'admiration et aux fonctionnaires du Protectorat. Henri Prost dessine un plan en étoile aux avenues larges et plantées d'arbres au long desquelles sont élevés immeubles et maisons. Les premiers hôtels de luxe, dont la Mamounia, terminé en 1929, sont construis dans le quartier dit l'Hivernage. Le chemin de fer atteint la ville en 1928 avec des liaisons vers Casablanca et rabat. En 1930, Marrakech compte 195000 habitants et ne cesse d'attirer vers elle une population croissante.

En 1953, avec l'appui du pacha de Marrakech, le gouvernement français tente de différer l'échéance de la décolonisation et destitue le souverain régnant. Cependant en 1956, la population de la ville accueille triomphalement, comme dans le reste du pays, le retour d'exil du roi Mohammed V. Le Glaoui,décédé peu avant l'indépendance après des excuses publiques au roi, ne verra pas sa famille dispersée et ses bien confisqués.

Marrakech aujourd'hui

Un phare du touriste: Pour le tourisme qui l'approche, Marrakech vit essentiellement du tourisme. Bénéficiant d'un climat enviable toute l'année, d'une architecture remarquable et d'une grande animation, offrant une vaste palmeraie et la possibilité de belles excursions dans le Haut Atlas, La ville accueille chaque année un contingent important de touriste de passage aussi bien que de séjour. L'aéroport reçoit des vols charters directs en provenance d'Europe, et l'équipement hôtelier se place au 2ème rang du Maroc juste après Agadir.

Enfin, si les souks de la médina abritent de nombreuses boutiques destinées aux touristes, il suffit cependant de s'y enfoncer pour découvrir un artisanat authentique.

Les aménagements de la ville moderne. Le quartier de l'Hivernage est surtout composé d'hôtels dont les prestigieux Saadi et Mamounia, nichés dans des jardins. Le quartier du Guéliz connaît, lui des transformations permanente; certain bâtiments de l'époque coloniale sont démolis au profit d'immeubles de plusieurs étage dont la hauteur, cependant, ne doit pas excéder celle de la koutoubia. Le long de l'avenue Mohammed V s'alignent banques, entreprise et bureaux.

1- Le tour des remparts.

Bâtis en pisé et patiemment entretenus au cours des siècles, les remparts de Marrakech offrent des couleurs changeantes selon l'heure et la lumière du jour. Tantôt d'un ocre pale, tantôt d' un rouge flamboyant ils se détachent sur le bleu du ciel et le vert de la végétation. Ils enserrent le réseau enchevêtré des ruelles de la médina, préservant ses secrets en ne s'ouvrant sur la vieille ville que par neuf portes.

Durée : compter 1 h 30 en voiture pour cette promenade de 12 Km, à faire plutôt le matin ou en fin d'après midi, lorsque les rayons du soleil sont suffisamment à l'horizontale pour jouer sur la muraille.

Départ : place de la liberté.

l'enceinte de la médina fut construite par l'Almoravide Ali Ben Youssef en 1126-1127, après que le sultan eut consulté d'éminents juristes et astrologues. Ceux ci lui auraient conseillé d'attendre que la lune entre dans un signe zodiacal favorable avant de commencer les travaux. Cette enceinte primitive fut élargie lors des agrandissement successifs de la médina, notamment à l'époque almohade, lorsque Yacoub el Mansous créa sa kasba, et sous les Saadiens, lorsque le quartier de Sidi bel Abbès fut incorporé à la ville. La muraille est constituée d'argile et de chaux. haute de 6 à 8 m, voire  9 m par endroits, sa largeur varie entre 1,40 m et 2 m. Le chemin de ronde ne faisait que 0.60 m de large.

De la place de la liberté, prendre au nord vers Bab Doukkala. A droite subsiste une partie de l'ancienne Bab er Raha ou "porte de la poterne", flanquée de deux bastions crénelés.

Bab Doukkala est d'origine almoravide. Le nom de Doukkala désignait autrefois un territoire s'étendant au delà de la médina.

Suivre les rempart en laissant à droite l'avenue qui conduit à Bab el Khémis. Cette "porte du Jeudi" s'ouvre sur la route de Fès et date des Almoravides. Ses vantaux auraient été rapportés d'Andalousie par un prince de cette dynastie.

A l'este Bab ed Debbagh, la " porte des tanneurs " , a conservé son système de passage compliqué, à cinq coudées. Elle ouvrait autrefois sur le quartier des tanneurs qui, en raison des odeurs nauséabondes se dégagent des peaux séchées, se trouvaient cantonnés hors de la médina. Ceux ci avaient aussi avec l'oued Issil l'eau nécessaire au trempage des peaux.

Bab Aylen porte le nom d'une tribu berbère qui résista farouchement aux Almoravides lorsqu'ils voulurent prendre la ville en 1128 ou 1130. C'est sans doute celle qui a subi le moins de modifications depuis sa construction.

Les remparts font ensuite un angle ver le sud ouest, la route s'en éloigne et longe le quartier de Sidi Youssef ben Ali, saint personnage dont on voit à droite le mausolée au toit vert.

Patience, résignation et confiance en Dieu font de ce patron de Marrakech un homologue du patriarche Job. Atteint de lèpre, il considéra un  jour comme faveur divine le fait qu'un lambeau de sa chair se soit détaché de son corps malade. il mourut en 1197.

Bab Ahmar, la "porte rouge" , est de construction alaouite. On accède tout d'abord à une vaste esplanade, le méchouar intérieur. Sur ce dernier donnent à droite le palais royal à gauche les jardins de l'Agdal.

Le Palais Royal, Dar el Makhzen, est de fondation almohade, amis fut agrandi et embelli sous chaque dynastie. Il a été restauré au début des année 60 par le roi  Hassan II.

Le jardin de L'Agdal est un immense enclos long de 3 Km et 1.5 Km de large. Planté d'arbres fruitiers et d'oliviers, il fut aménagé au XIX sur ordre de Moulay Abd er Rahman ( 1922-1859), et entouré d'un mur d'enceinte renforcé de tours et percé quelques portes par Moulay el Hassan ( 1873 -1894). Le jardin conserve deux bassins d'irrigation ; le plus grand ,celui du Dar el Hana, remonte à l'époque almohade. il se trouve à l'autre extrémité du jardin dans sa partie sud.

On y accède depuis le méchouar extérieur par une allée bordé de mirs qui traverse la partie nord du jardin, laissant de part et d'autre divers pavillons destinés à abriter , lors des séjours du roi Marrakech, les invités de Sa Majesté ou les homme de sa garde. Cette allée croise une large avenue avant de se poursuivre de l'autre coté jusqu'aux bassins de l'Agdal.

Une porte donne accès au grand méchouar, vaste esplanade où se tenaient du milieu du XVIII, et durant le XIX les réceptions royales publiques et les fantasias.

On ressort de l'enceinte par Bab Ighli. Prendre en biais à droite en direction de la ville moderne.

On laisse ainsi, à 150 m nord de Bab Ighli, Bab Ksiba, qui donne accès au Derb Chtouka, autrefois défendu par une kasba élevée par Yacoub el Mansour.

Au delà vers le nord, derrière une plantation d'orangers, les remparts font un coude : à l'angle se trouve Bab er Robb.

Bab er Robb, la "porte du raisin", avait un rôle défensif important. elle tient son nom de la réglementation imposée pour l'entrée du vin cuit dans la ville, qui ne se faisait que par cette porte.

Derrière Bab el Robb , à l'intérieur de la médina, s'élève Bab Agnaou, qui ouvre sur le quartier des palais.

On longe à droite un cimetière où se trouve le mausolée de Sidi es Soheyli, l'un des sept patrons de Marrakech ( 1115 - 1185 ).

En arrière s'ouvrait Bab Ech Charia, porte aménagée par les Almohades et aujourd'hui murée.

Bab el Jédid se situe en face de la longue avenue rectiligne menant à la Ménara.

Bab el Makhzen ouvrait autrefois sur le kasba almoravide d'Abou bekr et de Youssef ben Tachfine. Elle était réservée aux sultans.

Retour place de la liberté.

2- La Koutoubia et la place Jemaa el Fna.

Le haut minaret de la Koutoubia attire immédiatement le regard. Chef-d'oeuvre de l'art hispano-mauresque à Marrakech il servit de modèle à l'édification de la Giralda de Séville, il domine la place Jemaa el Fna, le coeur vivant de la ville. Il faut s'arrêter plusieurs heures sur cette esplanade pour profiter pleinement de l'ambiance et flâner entre bateleurs, diseurs de bonne aventure ou vendeurs d(aphrodisiaques. C'est à la tombée de la nuit que l'animation bat son plein. Sur la place, deux restaurants, le Glacier et l'Hôtel de France possèdent des terrasses d'où l'on peut observer à son aise touts les spectacles offerts.

Accès : place de la liberté, emprunter l'avenue Mohammed V , elle pénètre à l'intérieur de la médina, puis aboutit au pied de la Koutoubia.

La mosquée de la Koutoubia , ou "mosquée des Libraires ", doit son nom au souk des libraires qui, selon Léon l'Africain, comptait cent boutiques de marchand de manuscrits installées à ses pieds. Sa grande allure architecturale et , à l'intérieur, sa richesse décorative en font l'un des joyaux les plus purs et les plus achevés de l'art hispano mauresque.

La construction actuelle fut précédée d'un palais de pierre bâti par Abou Bekr, et que le sultan almohade Abd el Mou men fit raser pour le remplacer par une mosquée. Ce sanctuaire ne semblant pas être orienté convenablement par rapport à la Mecque, il fut immédiatement remplacé par un second, mieux orienté, qui conserva cependant le même minaret. L'édifice fut inauguré en 1158 : Abd el Mou men entendait ainsi fixer le souvenir de sa conquête pour la postérité, mais aussi réaliser avec éclat sa promesse de consacrer de nouveaux sanctuaires après la démolition des mosquées almoravides. Ces dernières étaient considérées comme mal orientées.

Plus vraisemblablement, le sultan assouvissait ainsi l'implacable désir de vengeance de son prédécesseur, Ibn Toumert, qui avait exigé que l'on purifiait la ville de cette façon.

La mosquée de la Koutoubia, l'une des plus vastes de l'Occident musulman plus large que profonde ( 90 m por 60 m), comprend 16 nefs perpendiculaires au mur de la qibla et une nef médiane plus large. Elle s'articule sur un plan en T avec sept travées couvertes de sept coupoles. Sa cour rectangulaire est bordée sur deux cotés par des portiques à quatre nefs.

Le minaret de la Koutoubia, commencé avant la construction du secont sanctuaire par Abd el Mou men, fut achevé par son petit fils Yacoub el Mansour (1184-1189).

le magnifique décor extérieur, d'une grande souplesse et d'une harmonie quasi parfaite, est différent sur chaque face. Il combine la peinture sur enduit, à ornements floraux et épigraphiques, le réseau d'entrelacs en relief, où s'intercalent les peintures, le bandeau de grands carreaux de faïence, à filet blanc sur fond turquoise, et les arcatures, parfois entremêlées.

Au noed de la Koutoubia, à l'emplacement de l'actuel square Abd el Mou men,s'élevait la kasba ( Dar el Hadja), fondée vers 1070 par Abou Bekr et achevée, ou renforcée, par Youssef ben Tachfine. Sur les ruines de celle ci, Ali ben Youssef (1106-1143) avait fait ériger un palais dont on a découvert également plusieurs vestiges. Entre l'emplacement de la kasba et la moquée actuelle, on a dégagé les reste (bases de piliers, mur de qibla) de la première Koutoubia almoravide.

Au Sud sur la place Youssef ben Tachfine, dans un simple mausolée chaulé à blanc reposeraient les restes du grand sultan almoravide.

En face de la Koutoubia, le Dar Moulay ali, une belle demeure marocaine de la fin d XIX, est aujourd'hui occupé par le consulat de France.

A 150 m de la Koutoubia s'ouvre la place Jemaa el Fna.

La place Jemaa el Fna. Le nom de Jemaa el Fna signifierait la "réunion des trépassé", et son origine serait due aux impitoyables exécutions par lesquelles un Khalifa du sultan punissait autrefois ses ennemis, ou supposés tels ; on y exposait, à l'occasion, les têtes des exécutés.

Autre temps, autre moeurs... mais le spectacle, sur la place Jemaa el Fna, est toujours là.

Jemaa el Fna n'est pas loin de représenter ce "forum" dont les urbanise modernes rêvent de doter les cités du futur, non plus simple endroit de discussion des affaires publiques, mais centre de vie urbaine dans toutes ses manifestations, anime d'une vie collective.

La place ne se regarde pas seulement , il faut y passe un moment, se plonger dans la foule et, comme elle, déambuler de baladin en échoppe,d'étalage en funambule. il y a d'abord, le martin, un immense marché : les marchands de délicieux verres de jus d'arranges pressées, de fruits, légumes, sucreries, remèdes, vannerie, quincaillerie, occasions diverses, placage d'or pour les dent et dentiers complets aux choix. souvenirs pour touristes,etc. Le spectacle commencent aussi souvent  dès le matin. La place presque entière appartient alors aux conteurs, devins, diseurs de bonne aventure, bouffons, baladins, amuseurs, lutteurs, acrobates, jongleurs, charmeurs de serpents, danseurs et curieux. C'est le théâtre populaire avec une multitude de scènes autour desquelles suivant ses goûts, le public fait cercle. On assiste alors au spectacle total du théâtre contemporain qui réclame la participation du spectateur. Un conseil : ayez sur vous de la monnaie, le théâtre, cela se paie, surtout si l'on veut photographier. Attention aussi aux pickpockets.

A l'heure du dîner, Jemaa el Fna devient restaurant de plein air : d'innombrables étals s'illuminent et les gargotiers interpellent le promeneur.

L'épaisse harira fumante et brûlante emplit les bols, les poissons grésillent dans la friture, une épaisse fumée se dégage des brochettes...

3- Les tombeaux Saadiens, le palais el Badi et le mellah.

Avec la suivante, cette promenade est l'une des plus enrichissantes sur le plan artistique que l'on puisse effectuer à Marrakech. Elle permet de découvrir divers monuments caractéristiques de l'art islamique, et de trouver des havres de repos bine éloignés de la fébrilité de la place Jemaa el Fna ou de l'animation des souks. A noter que le palais el Badi est le cadre, chaque année, du remarquable festival folklorique de Marrakech.

Durée : compter 1 h 30 à 2 h environ ; commencer la promenade avant 10 h le matin et l'arrivée des groupes.

Départ : Bab Agnou. Stationnement possible place des Ferblantiers ou après Bab Berrima, sur le parking aménagé le long du palais el Badi.

Bab Agnou, juste à coté de Bab er Robb,est une merveille de l'art Almohade. Agnaou est un mot berbère qui signifie " bélier dans cornes et sans vois". Cette porte a perdu les deux tours qui l'encadraient à l'origine.

Selon la légende, les divers éléments de la porte auraient été amenés d'Andalousie par les Maures chassés d'Espagne ; on affirme aussi parfois qu'elle est d'origine portugaises. Quoi qu'il en soit, elle est souvent citée dans les textes anciens à propos de l'exposition de corps et de têtes de suppliciés. C'est par cette porte que Yacoub el Mansour entrait dans son palais. Sa fonction était surtout décoratives car elle n'abritait qu'un seul corps de garde. Construite en pierre calcaire bleue du Guéliz, elle a été rougie par le sable du désert apporté par le vent. Sa frise décorative est remarquable et forme un magnifiques encadrement dans lequel s'inscrivent quatre arcs en plein cintre successifs tous décorés différemment.

Après avoir franchi Bab Agnaou et tourné à droite, on découvre au détour d'une ruelle coudée le minaret de la mosquée de la kasba.

La mosquée de la kasba fut construite par Yacoub el Mansour très probablement en même temps que els autres parties de la kasba, c'est à dire entre 1185 et 1190. Elle a été restauré par le sultan saadien Moulay Abdallah, puis par l'Alaouite Sidi Mohammed ben Abdallah, mais les remaniements récent lui ont fait perdre beaucoup de son cachet ancien.

Au sud de la mosquée, au fond d'une petite impasse, apparaît la porte d'entrée des tombeaux saadiens.

Les tombeaux Saadiens sont entourés d'une haute muraille isolant de la kasba deux mausolée.

Bien qu'ayant déjà servi de nécropole à deux émirs hintata et même au sultan mérinide Abou el Hassan, mort en 1351, le lieu ne devint nécropole royale qu'avec l'inhumation du prince saadien Mohammed ech Cheikh en 1557. Son fils, qui lui avait élevé une koubba, y fut enterré à son tour en 1574. Moulay Ahmed el Mansour, après y avoir fait inhumer sa mère lalla Messaouda en 1591, y fit faire de grands travaux d'embellissement. il y fut lui même naturellement enterré ainsi que ses trois successeurs. Voulant effacer le souvenir de ses prédécesseurs, Moulay Ismail fit murer l'entrés des tombeaux où l'on ne pouvait plus pénétrer qu'à partir de la mosquée de la ksba. Pour ainsi dire, les tombeaux ne furent découverts qu'une 1917 par le service des beaux Arts et des Monuments historiques, à qui l'on doit leur restauration et l'aménagement d'un nouvel accès.

Revenir à Bab Agnaou et suivre sur une centaine de mètres environ la rue Okba ben Nafaa, qui longe les remparts de la ksba vers le nord. Tourner ensuite à droite pour rejoindre la place des Ferblantiers.

Selon la tradition, Bab Berrima fut créée par  Moulay Ismail pour faciliter la sortie des matériaux du palais el Badi. Elle donne accès au quartier de Berrima et au mellah où, sur ordre de Moulay Abdellah (1557-1574), fut rassemblée vers 1558 la population juive.

Passer sous la porte surmontée de tours où nichent des cigognes, et longer le mur de droite pour accéder, au fond d'une impasse, à l'entrée du palais el Badi.

Le palais el Badi. les ruines grandioses de ce palais servent de cadre au festival annuel du folklore marocain.

Cinq mois après avoir vaincu les troupes portugaises à la fameuse "bataille des Trois Rois", le 4 août 1578, Ahmed el Mansour décida de sa faire construire à coté de ses appartements privés un immense palais de réception destiné aux fêtes et aux audience solennelles. commencés  dès la fin de l'an 1578, les travaux devaient poursuivre jusqu'à la mort de souverain , en 1603. On ne sait rien de l'architecte qui en dessina les plans , mais on peut penser qu'il était d'origine andalouse et qu'il sut s'entourer d'artistes européens, italiens par exemple. Au cours de son voyage en Italie , Montaigne a noté que, près de Pise, des ouvriers "taillaient cinquante colonnes de marbre d'une très grande hauteur pour le rois du Maroc en Berbérie tout ce marbre, assure un chroniquer,était payé poids pour poids en sucre. Pour se faire une idée de cet incomparable, il ne nous reste plus que les description admiratives des visiteurs de l'époque. En effet, Moulay Ismail, jaloux de ce joyau, le fit abattre. La démolition commencée vers 1696, dura une dizaine d'année. La plus grande partie des matériaux fut utilisée pour les palais impériaux de Meknès, mais il n'est guère, dit on , de cité maghrébine qui n'en reçut quelques fragments.

De ce palais où les marbres, les onyx, les riches mosaïques, les plafonds de stuc et les revêtements de feuilles d'or constituaient un décor féerique, il ne subsiste plus aujourd'hui que les structures.

Le mellah. Fondé en 1557 par les Saadiens, le mellah était entouré d'une enceinte percée de deux portes,l'une ouvrant sur le cimetière actuel, l'autre sur la ville. Jusqu'en 1936, il est resté le plus important quartier juif du Maroc, avec 16000 habitants , depuis 1956, ce sont essentiellement des musulmans qui y vivent. Ses ruelles tracées à angle droit abritent un souk aux tissus,épices,légumes,paisible et bien achalandé.

Avant le coude de la rue qui longe le mellah, sur la petite place face au palais de la Bahia s'ouvre à gauche le soul des bijoutiers, autrefois entièrement tenu par les juifs. On y trouve surtout des bijoux en or. En tournant à droite, on arrive à la Bahia.

Le palais de la Bahia et le musée de Dar Si Said.

Quoique de construction plus récente, voici encore deux beaux palais de Marrakech. Le premier est l'exemple d'une riche demeure princière réaliste à la fin du siècle dernier,quant au second, sa visite constitue une véritable initiation à l'artisanat marocain.

Durée : de 1 h à 1 h 30, en fonction du temps passé au musée ; venir le matin avant 10 h pour éviter les groupes.

Accès ; en voiture, on peut se rendre jusqu'aux abord du palais de la Bahia : stationnement possible soit dans l'avenue Houmman el Ftouaki, soit place des Ferblantiers, soit sur un petit parking qui se trouve en face de la ruelle conduisant au Dar Si Said que l'on atteint en passant devant le Bahia par la rue Riad Zitoun el Said.

Le palais de la Bahia fut érige sur l'ordre de Si Moussa, grand vizir du sultan Sidi Mohammed ben Abd er Rahman, et par son fils Ba Ahmed, grand vizir et favori des sultans Moulay el Hassan et Moulay Abd el Aziz, vers la fin du XIX. L'architecte El Haj Mohammed ben Mekhi el Mifioui, nourri de traditions andalouses et instruit par l'officier français Erckmann, mit sept ans pour construire. De ce fait en arabe, on emploie l'expression " la Bahia est enfin terminé" à propos d'une affaire complexe restée longtemps sans solution.

Suivre la rue Riad Zitoun el Jédid. On passe devant un bureau de poste à gauche avant d'atteindre le parking. En face , à droite de la rue , une porte s'ouvre sur une ruelle où sont alignées des boutiques d'artisans et de bazaristes.

On pourra s'arrêter à la maison Tiskiwin pour découvrir une intéressante collection rassemblée par Bert Flint montrant différents matériaux et techniques traditionnellement utilisés dans les arts marocains. Au cours de la visite, on pourra admire une cour intérieure superbement décorée datant du XIX.

La première bifurcation à gauche mène au musée Dar Si Said.

Le Dar Si Said est une belle demeure marocaine de la fin du XIX construite par le frère de Ba Ahmed, Si Said, qui fut chambellan et vizir de Moulay el Hassan. C'est depuis 193 un intéressant musée d'art marocain, mais dont les collections souffrent de ne pas être enrichies ni renouvelées.

-Si vous êtes venu en voiture jusqu'au palais de la bahia, il vous faudra renter par le même chemin.

-Si vous étés venu à pied, vous pouvez plus directement rejoindre la place Jemaa el Fna: revenez à la rue Riad Zitoun el Jedid et continuez à la suivre vers le nord , 300 mètres au-delà du passage par lequel vous avez gagné le Dar Si Said, la rue des Banques, à gauche, vous ramène à la place Jemaa el Fna.

Les souks.

l'exploration des souks est une merveilleuse aventure et réclame une disponibilité totale. avec le spectacle de la place Jemaa el Fna, point de départ et d'aboutissement de cet itinéraire, c'est un véritable festival au sein d'un univers des plus dépaysants. Tout le Maroc vous saute au visage : couleurs, bruits, parfums agressent et déroutent le promeneur, l'entraînant et le bousculent d'une échoppe à l'autre,l'incitent à pénétrer plus avant dans le dédale des ruelles qui se couvrent d'écheveaux de laines colorées ou de lattes protectrices des rayons du soleil, ou bien s'aèrent soudain pour former une placette sur laquelle surgit l'attrait de nouvelles activités.

C'est peut être aussi, et avant tout, le contact avec les gens qui vous retiendra le plus. Cette foule bigarrées vous appelles, vous retient, vous ignore, vous attire dans son mouvement. Elle est formée de tout un peuple d'origine saharienne, montagnarde et berbère,issu des classes les plus variées de la société. Vivant au coeur même de cette médina elle se brasse au rythme de ses occupations. Ne craignez pas de vous égarer, il y aura toujours quelqu'un pour vous aider à retrouver votre chemin. Enfin, que vous ayez ou non l'intention d'acheter, vous serez certainement envoûté par l'atmosphère incomparable de ce gigantesque bazar. N'oubliez pas de marchander et prenez votre temps avant de conclure un achat. Le prix peut diminuer de moitié ou atteindre même parfois le tiers de celui proposé au départ.

S'organiser : cette promenade peut vous prendre une journée complète ; tout dépend de cotre capacité à résister aux milles tentations que recèlent les boutiques. Comptez néanmoins un minimum de deux heures de visite. Si vous ne prévoyez pas de faire une promenade suivante,voyez au moins la médersa Ben Youssef,l'une des plus belles constructions de Marrakech. Attention les boutiques du souks ferment le vendredi.

Départ : la place Jemaa el Fna; cette promenade ne peut être faite qu'à pied.

Achat: pour obtenir des pris de référence, vous pouvez vous rendre auparavant à l'office artisanal, avenue Mohammed V.

Depuis l'Hôtel de France sur la place Jemaa el Fna, suivre l'allée qui prend juste en face et s'engage à travers le souk de potiers. Après un coude à droite ceux ci cèdent la place aux marchand de fruits secs et d'écorces de noyer, dont les Marocains se servent  pour se blanchir les dents. Au bout de l'allée on arrive à Bab Smarine,l'entrée principale des souks de Marrakech. Généralement,c'est ici que les guides indésirables attendent leur proie.

La rue du souk Smarine est occupée par de nombreux marchands d'étoffes. Après l'avoir longée sur 200 m environ, s'ouvre à droite une ruelle avec des boutiques d'apothicaires et des marchands de verroterie. On vous proposera peut être des boules d'ambre, mais la plupart sont synthétiques.

Cette ruelle conduit au Rahba Kedima. Avant de l'atteindre, un passage à droite conduit à une petite place où est installé le souk Larzal, consacré aux laines. Ce sont principalement des femmes qui viennent vendre et acheter les écheveaux de laine brute ou déjà teinte.

Le Rahba Kedima, la " Vieille place", est un ancien marché aux grains qui fut aussi un marché aux esclaves. il est en partie bordé de boutiques d'apothicaires qui proposent une invraisemblable variété de produits inattendus, et fournissent sorciers, guérisseurs ou magiciens en potions de toutes sortes. Le centre de la place occupé par des étals de légumes, de fruits et de volailles.

A gauche s'ouvre le principale marché aux tapis, le souk Zrabia, la criée berbère, où règne une intense activité lorsque vendeurs et artisans écoulent les tapis au plus offrant. En prenant à gauche à l'intersection au centre du Souk Zrabia, on rejoint la rue principale du Souk el Kebir,dans lequel on s'engagera à droite.

On passe devant le souk des bijoutiers pour arriver à la hauteur des kisarias. Cet ancien centre est formé de nombreux couloirs éclairés par des lanterneaux qui s'ouvrent au milieu des plafonds en bois cèdre. Ces galeries, fermées par des portes monumentales, abritent de nombreux magasins d'habillement. les jeans et veste en peau ont remplacé les vêtements traditionnels. Continuer dans la rue du Souk el Kebir,fief des maroquiniers.

En continuant tout droit, on arrive à une place sur laquelle donne la médersa Ben Youssef. Si vous n'envisagez pas de suivre la promenade suivante, le détour est impératif.

On atteint la rue du souk Cherratine, que l'on suit à gauche. Au bout de cette petite rue, tourner à gauche dans le soul Smata, le souk des babouches, caractéristiques avec son odeur de cuir et les minuscules échoppes de babouchiers. Sur la gauche on retrouve les anciennes kisarias dont on vient de faire le tour.

Arrivé sur une toute petite place, tourner à droite en direction du soul Haddanie. Tout de suite à droite s'ouvre le souk du cuivre, où l'on pourra observer l'habileté des artisans qui façonnent le métal à l'aide de petits marteaux. Dans le souk Hadaddine officient les forgerons : on y trouvera notamment de belle lampes en fer forgé. La petite ruelle à droite au coin de la rue Bab Doukkala est occupée par des ateliers.

Revenir sur ses pas jusqu'au nouveau du souk du cuivre et prendre la ruelle à droite. Elle abrite le souk des Chouaris, où  l'on tresse les fibres du palmier nain pour fabriquer les paniers et les couffins doubles pour les ânes (chouaris). Dans ce souk, on sculpte également des cuillers et des récipients en bois de citronner ou de noyer.

En tournant à gauche au bout du souk des Chouaris, on parvient rapidement au souk des teinturiers.

Les écheveaux suspendus en guirlandes multicolores sur des cannes de roseaux constituent un décor extraordinaire sans cesse renouvelé. Les colorants naturels jadis utilisés ont fait place aux teintures chimiques mais les procédés sont restés les même. Pareils à des magiciens, les homme s'activent autour d'énormes chaudrons noirs pour obtenir des nuances variées.

En suivant à droite la ruelle, on rejoint la mosquée el Mouassin. En la suivant à gauche, on retrouve le souk des babouches. A droite la rue Smarine ramène au souk el Kébir d'où l'on pourra rejoindre Bab Smarine, point de départ de cette incursion dans les souks.

Le Nord de la Médina.

L'attrait majeur d'une promenade dans la partie Nord de la médina réside dans la visite de la médersa Ben Youssef et de la koubba el Baadiyn.

Si seuls ces deux objectifs retiennent votre attention, vous pourrez les visiter en effectuant un petit détour au cours de vos déambulations dans les souks. Pour le reste, l'excursion vous conduira à travers les quartiers populaires de la vieille ville où se trouvent les mausolées de quelques uns des saints de Marrakech et de vénérables mosquées. Les uns comme les autres étant inaccessibles aux non musulmans,l'intérêt touristique demeure assez limité. En revanche, la promenade peut être très intéressante pour qui veut approcher la vie quotidienne des Marrakchi.

Durée : compter un minimum de 2 h 30 à pied.

départ: la mosquée Ben Youssef, que l'on atteint depuis Bab Smarine en suivant tout droit la rue du souk Smarine puis le souk el Kébir.

La mosquée Ben Youssef était à l'origine almoravide, mais elle fut remaniée au XVI, puis au début du XIX, de sorte qu'il ne subsiste pratiquement rien sa construction initiales. Son puissant minaret de pierre s'élève au dessus des toits de tuiles vertes vernissées à plus de 40 m de hauteur.

La koubba el Baadiyn qui date du XII, a été construite sur un plan rectangulaire. Les grands côté sont en arc de fer à cheval brisé. Cet édifice a été dégagé du sol en 1948.

Emprunter une ruelle à droite du jardin d'enfants installé contre la mosquée Ben Youssef, pour atteindre un passage couvert sous lequel se trouve à droite la belle porte d'entrée de la médersa Ben Youssef.

La médersa Ben Youssef est l'un des monuments les plus remarquables de Marrakech. Cette école de théologie coranique fut fondée par le sultan mérinide Abou el Hassan, au milieu du XIV. Elle a été entièrement reconstruite en 1564-1565 par le Saadien Moulay Abdallah, comme l'attestent les inscriptions gravées sur les chapiteaux de la salle de prière et sur le linteau de la porte d'entrée. Moulay Abdallah en fit la médersa la plus importante de tout le Maghreb.

Vers le quartier des tanneurs et Bab ed Debbagh. En tournant à droite en sortant de la médersa et après un coude à droite, suivre tout droit jusqu'au bout de la rue qui aboutit sur la place de Moukef. Continuer ensuite dans la même direction par la rue de Bab ed Debbagh, qui prend légèrement à droite de la rue précédente, et conduit à la porte du même nom. Dans sa première partie jusqu'à la place Moukef, la promenade permet de découvrir d'anciens fondouqs transformés aujourd'hui en ateliers. La rue de Bab ed Debbagh est bordée d'ateliers de tanneurs ; le marché aux peaux brutes se trouve au pied de Bab ed Debbag.

Revenir à la mosquée Ben Youssef et suivre au nord la rue Baroudienne, puis la rue Amesfah. Celle ci fait un coude à droite à hauteur d'une belle porte en briques rouges ouvrant sur un quartier d'habitations.

Un peu plus loin,fontaine monumentale dite Chrob ou Chouf. Sa façade, en bois sculpté d'inscription cursives te coufiques, est protégée par un auvent. Près de là. un foudouq : il en existe 140 à Marrakech, occupés actuellement par des familles ou par des artisans. Prendre aussitôt la première à gauche, un passage voûté qui est prolongé par la rue de Bab Taghzout.

Bab Taghzout est une ancienne porte de ville de l'enceinte almoravides. Sous le règne de sidi Mohammed ben Abdallah, le quartier de Sidi bel Abbès fut annexé à la ville. Bab Taghzout devint alors une porte intérieure.

Le souk el Mjadlia, ou souk des passementiers, que l'on atteint, au delà de Bab Taghzout, en prenant sur la droite est installé dans un passage couvert à galeries latérales soutenue par de gros piliers, fermé par des portes. il fut construit en 1849-1850 par Sidi Mohamed ben Abd er Rahman. Au bout du souk, le visiteur non musulman se heurtera à l'un des accès de la mosquée Sidi Bel Abbès, à l'intérieur de laquelle il n'est pas autorisé à pénétrer.

La mosquée et la medersa de Sidi bel Abbès ont été élevées par le sultan Saadien Abou Farès en 1605. A côté, le mausolée, érigé par Moulay Ismail, fut restauré à plusieurs reprises. il est l'objet d'une vénération particulière de la part des marchands, des agriculteurs et des aveugles ; les offrandes en espèces sont distribuées chaque soir aux pauvres.

Revenir sur ses pas pour traverser à nouveau Bab Taghzout, puis prendre la rue à droite au fond de la place qui la suit. Après un coude à droite, suivre la première rue à droite la porte de la zaouia suivante se trouve juste après le premier coude à gauche.

La zaouia de Sidi ben Sliman el Jazouli groupe plusieurs fondations pieces autour de la tombe de l'un des sept patrons de la ville. C'est une interessante construction de l'époque Saadienne partiellement reconstruite dans la seconde moitié du XVIII par Sidi Mohammed ben Abdallah. Son accès est interdite aux non musulmans.

N7 vers la fin du XIV, Sidi ben Sliman el Jazouli es Sembali se prétendait descendant du Prophète. Mystique profond, il se fit aussi le champion de la guerre sainte contre les Portugais et exerça sur le pays une influence qui inquiéta parfois les sultans. il est l'autour du Livre des preuves manifestes de la piété, ouvrage très respecté dont il existe de jolies copies enluminées.

Revenir sur ses pas, laisser à gauche la rue empruntée depuis Bab Taghzout, et continuer tout droit. Au bout de la rue tourner à droite en vue d'une vaste place puis à gauche dans la rue Dar el Glaoui en laissant à droite la petite mosquée de Sidi bou Ameur . Continuer jusqu'au croisement de la rue Bab Doukkala.

Le Dar el Glaoui construit au début du siècle par le pacha de Marrakech est une magnifique demeure masquée par de hauts murs. Une partie est utilisée actuellement comme bibliothèque. Une autre a été restaurée et sert à recevoir des chefs d'Etat.

Prenant la rue Bab Doukkala sur la gauche, on tournera plus loin à gauche dabs la rue el Mousassin.

Le mausolée de Sidi Abd el Aziz date du règne de Sidi Mohammed ben Abdallah (1757-1790).

En sortant du mausolée, reprendre à droite la rue el Mouassin jusqu'à la petite place où se trouve la grande mosquée el Mouassin

La grande mosquée el Mouassin a été érigée entre 1562-1563 et 1572-1573 par le sultan saadien Moulay Abdallah sur l'emplacement, dit on, d'un ancien quartier juif. Son nom rappellerait celui d'une éminente famille de chérifs du quartier.

La fontaine el Mouassin , de proportions monumentales, fut aménagée en même temps que l'oratoire voisin. Le bassin de droite, protégé par un portique orné de plâtres sculptés et de linteaux de bois ouvragés, est lui même précédé d'un auvent de bois peint.

Tourner à droite et prendre la rue el Ksour.

La petite mosquée de Sidi Moulay el ksou est reconnaissable à son élégant minaret mérinide ( 1331) orné d'entrelacs curvilignes sur fond d'émail vert.

Moulay el Ksour est le surnom de Sidi Abdallah el Ghezouani, l'un de sept patrons de la ville, mort à Marrakech en 1528. Sa renommée avait été telle qu'elle avait porté ombrage au sultan Ouattasside de Fès qui l'avait fait incarcérer.

Revenir à la rue el Mouassin qui conduit à la place de Bab Ftouh et, de là, à la place Jemaa el Fna.

Les Jardins de Marrakech et de Guéliz.

cette promenade pour laquelle vous devrez disposer d'un véhicule cous conduira vers le calme de deux jardins célèbres de Marrakech, la Ménara et le jardin Majorelle, bien loin de la cohue de la vieille ville. En chemin, vous découvrirez le Guéliz la partie moderne de la ville.

Durée : compter au moins 2 h 30, davantage si l'on souhaite d'attarder pour profiter du calme des jardins.

Départ : depuis Bab el Jédid, prendre l'avenue de la ménara qui conduit aux jardins du même nom.

La Ménara une vaste oliveraie au plan géométrique est , au même titre que le minaret de la Koutoubia, l'un des symboles de Marrakech. Au loin se profile la chaîne de l'Atlas tandis que le ravissant pavillon Saadien se reflète dans l'eau. Les Marrakchi y viennent en famille prendre le frais ou même pique-niquer les fins de semaine à la belle saison.

La Ménara est enclose dans une enceinte de pisé de 1200m de long sur 800 m de large. Après les Saadiens, les Alaouite entretinrent ce grand verger. Le dernier aménagement important eut lieu au XIX, sous le règne de Sidi Mohammed ben Abd et Rahman ( 1859-1873). les canalisations convergent vers le vaste bassin central, creusé sans doute dès l'époque almohade au XII, qui fut remis en état par Sidi Mohammed. Près du bassin, on visitera un charmant pavillon à toiture pyramidale de tuiles vertes.

A l'étage, grand balcon à balustres sous une grande arche datée de 1896-1870. A l'intérieur, peut être serez vous surpris par le très grand nombre de prise électrique: elles servent à alimenter le matériel des cinéaste et photographes de mode pour sui le pavillon de Ménara constitue un décor incontournable.

Reprendre sa voiture ; par Bab el Jédid, gagner la place de la Liberté d'où part vers la gauche l'avenue Mohammed V,l'artère principale du quartier du Guéliz.

Le Guéliz. Dans le Guéliz vit la Marrakech moderne, celle des embouteillages le long de l'avenue Mohammed V, celle des cafés aux terrasses toujours remplies d'une population essentiellement masculine. Sur des larges trottoirs ombragés se croisent des jeunes filles en minijupes et des femmes dissimulées sous leur voile, tandis que les marchands de journaux et de cigarettes, les cireurs de souliers s'installent à l'ombre des arbres en fleurs. Chaque avenue, chaque rue offre une essence différente : amandiers , orangers, jacarandas, formant d'énormes bouquets mauves. Et le long des haies qui bordent les maisons coloniales poussent jasmins et bougainvillées.

L'avenue Mohammed V est l'axe principal du Géuliz,bordé de commerces, de cafés,d'hôtels et de banques. Autour de trois rond point, les places de la Liberté, du 16 Novembre et Abd el Mou men ben Ali, rayonnent rues et avenues. A l'angle de l'avenue Mohammed V et de la rue Souriya se trouve le marché couvert où abondent fruits, légumes et fleurs, mais aussi céramiques et vanneries.

En dépit de nombreuses destructions effectuées pour construire des immeubles plus élevés, quelques bâtiments coloniaux subsistent. L'immeuble Gidel à l'angle de l'avenue Mohammed V et de la rue de la Liberté est à voir pour son hall d'entrée de style colonial, orné de fresques naïves.

De place Abd el Mou men ben Ali emprunter le boulevard Zerktouni puis l'avenue Yacoub el Mansour pour gagner le jardin Majorelle.

Le jardin Majorelle fut créé dans les années 2  par le peintre Jacques Majorelle, puis restauré par le couturiers Yves Saint Laurent au début des années 60

Environs de Marrakech.

On peut effectuer au départ de la ville quelques agreables excursions aussi bien dans la palmeraie que dans le Haut Atlas dont les premiers pentes sont à une trentaine de kilomètres.D'autres, plus lointaines,seront des étapes au cours d'un itniraire au départ de Marrakech. Tel est le cas de Demnate ou des cascades d'Ouzoud.

1-Le tour de la palmeraie.

( Circuit de 22.5 Km à faire en fin d'après midi en voiture, la visite en calèche étant un peu trop longue ; route très étroite mais asphaltée) La palmeraie de Marrakech s'est hélas dégradée en perdant peu à peu sa fonction agricole pour devenir une zone hôtelière ou résidentielle, mais reste une promenade intéressante si l'on dispose de sa propre voiture.

De la place de la Liberté, suivre l'itinéraire du tour des remparts.

2.5 Km : poursuivre tout droit par la route qui franchit l'oued Issil.

4 Km : tourner à gauche.

le circuit de la palmeraie permet de voir quelques îlots d'agriculture encore épargnés par les spéculateurs immobiliers. La route se déroule sinueusement dans la palmeraie, souvent bordée de murs en pisé délimitant des enclos. 13 000 ha sont ainsi couverts de végétation. Sous les bouquets de palmiers assez espacés s'étendent des champs et des vergers.

6 Km : au centre de la palmeraie a été aménagé un vaste complexe de loisirs ainsi que des habitations de standing.

La suite de l'itinéraire, quittant peu après la palmeraie, ne présente d'autre intérêt que de regagner le centre ville par un autre chemin.

10.5 Km : la route vient longer l'oued Tensift, limite nord de la palmeraie.

12.5 Km : on rejoint la route venant de Casablanca ; prendre à gauche.

Sur la droite, la colline de Guéliz a donné son nom à la ville moderne. On y a exploité, depuis l'époque almoravide, des carrières de calcaire dur qui a servi à l'érection de plusieurs monuments de Marrakech.

22.5 Km : Marrakech.

2-Tameslouht.

Quitter Marrakech en direction de Taroudannt.

5 Km : suivre à droite la S 507 vers Amizmiz.

15 Km : prendre encore à droite.

18 km : Tameslouht, important centre religieux de la plaine du Haouz, entouré d'orangeraies et d'oliveraies. On ne visite pas les deux zaouias, fondées au XVI par le chérif Abdallah ben Hossein el Hassani, à qui l'on attribue de nombreux miracles. La residence de ses descendants est une réplique des kasbas seigneuriales du Haut Atlas, ses propriétaire, s'étant ralliés au Glaoui, ont subi la meme opprobre et se sont vu dépossédée de leurs biens laissés à l'abandon.

3- Amizmiz.

Quittez Marrakech en direction de Taroudannt. 5 Km plus loin, suivre à droite la S507 vers Amizmiz.

34 Km : pont sur l'oued Nfis, en aval du barrage de lalla Takerkoust, construit de 1929 à 1935 et retenant un lac de 7 Km de long.

54 km : Amizmiz . Cette grosse bourgade comprend une zaouia fondée par Sidi el Hossein ben Messaoud, une kasba et un mellah. Important marché le mardi, où l'on pourra acheter des poteries sobrement décorées.

4- Aghmat.

Probablement fondée par les Berbères Haouara avant l'islam, elle était vers la fin du X la capitale d'une petite principauté. Conquise en 1058 par les Almoravides, elle est dépeuplée au profit de Marrakech. Encore habitée à l'époque almohade dotée d'une médersa sous mes Mérinides, elle est ensuite abandonnée.

Le mausolée de Moatamid Ibn Abbad et de sa femme se dresse sur la place. Ce lettré andalou régnait à Seville à la fin du XI lors de la Reconquête, il fit appel à l'émir almoravide Youssef Ibn Tachfin, mais par un retournement de situation, les émirs andalous durent combattre les Almoravides qui s'emparent de Séville en 1091. Moatamid Ibn Abbad est alors fait prisonnier et emmené à Aghmat où il meurt quatre ans plus tard.

A voir encore dans la région.

Demnate (99km) , la route du Tizi n tichka ; Telouet (137 Km) ; la vallée de l'Ourika ; L'oukaimeden ; Le Djebel Toubkal ; la route du Tizi n Test ; Tin Mal (104Km)

Au départ de Marrakech.

1- De Marrakech à Béni Mellah par le Tadla (194 Km).

Béni Mellal est la première étape du grand itinéraire touristique qui, de la ville impériale du Sud, conduit à la ville impériale du nord Fès.

Quittez Marrakech en suivant la route du tour de la médina puis suivre la P24.

17 Km : laisser à droite la route de Tazzerte et Demnate.

84 Km : El Kelaa des Sraghna, gros bourg en partie enfermé dans une enceinte et chef lieu d'une préfecture. Marché le vendredi.

122 Km : route à droite pour Bzou.

Situé à 10 Km sud. Bzou est formé d'un ensemble de village joliment situés sur les collines boisées qui bordent la rive gauche de l'oued el Abid. A proximité, la cascade de Tamla est alimentée par des sources vauclusiennes issues de petites grottes où les femmes viennent bruler des cierges dans l'espoir de devenir mères.

148 Km : carrefour, près de la sucrerie des Ouled Ayad.

A droite, une route (1811) qui se transforme rapidement en mauvaise piste ( véhicule tout terrain nécessaire) conduit aux gorges de l'oued el Abid. On dépasse d'abord Moulay Aissa ben Idriss (23km), petit village à proximité d'un marabout couvert de tuiles vertes ( moussem en mars)

Selon la légende, Moulay Aissa, fils d'Idriis II, le fondateur de Fès, serait mort sur le territoire des Ait Attab. Pour punir cette tribu, Moulay Idriss, qui commande aux éléments, fait périodiquement souffler sur le pays de celle ci un violent vent d'este, le chegui, qui dessèche le sol.

On arrive ensuite à l'entrée des gorges, superbe et impressionnant canon peuplé de singes. D'après une autre légende,cette cluse aurait été creusée par Sidi bou Meouane, dont le tombeau se dresse sur un mamelon voisin. Selon Charles de Foucaud ,l'ancien pont fut édifié par le sultan Moulay Ismail. Au delà, on pourrai rejoindre les cascades d'Ouzoud (46km)

La route de Béni Mellal traverse la riche plaine agricole du Tadla.

175 Km : route à droite pour le lac de Bin el Ouidane.

183 Km : autre route à droite pour le même lac.

2-De Marrakech à Béni Mellal par l'Atlas.

Moins rapide que le précèdent, cet itinéraire offre en revanche les beaux paysages de l'atlas, où se succèdent gorges, cascades, lacs et foret profondes.

Quittez Marrakech en suivant la route du tour de la médina.

17 Km : Bifurquer à droite en direction de Tazzerte.

48 Km : pont sur l'oued Rdat, l'un des cours d'eau de l'enfer,d'après les habitants du payes,car il ravageait tout, autrefois, sur son passage ; ses crues auraient pris fin à la suite d'une prière de Sidi Rahal.

50 Km : Sidi Rahal, près d'une zaouia et d'une kasba. Marché le vendredi. Sur la rive droite du Rdat, petit sanctuaire Judéo musulman.

57 Km : Tazzerte, village groupant quatre superbes kasbas érigées par divers membres de la famille des Glaoua, dont celle de Sidi Madani, la plus ancienne. Marché le lundi.

68 Km : zaouia Taglaout, appartenant à la secte des Nasiria de Tangrout,fondée vers la fin du XVIII. Ce fut un temps une véritable hostellerie ouverte aux habitants de la vallée du Dra qui allaient dans le Nord ou en revenaient.

A droite s'embranche une jolie route conduisait à Timinoutine ( 12km), au pied du barrage Moulay Youssef, construit de 1966 à 1971 sur l'oued Tessaout. il s'agit d'un énorme barrage de terre compacté permettant l'irrigation de quelque 30000 ha dans la plaine de Tessaout.

79 Km : à droite Tidili des Ftouaka, entouré de vergers.

82 Km : El Arba des Hamadna, emplacement de marché du mercredi, dans un joli site, près d'une source abondante au milieu des oliviers.

84 Km : prendre à droite vers Demnate, non loin du pont d'Imi n Ifri.

98 Km : Amadghous : prendre à nouveau à droite vers Tanant et Azilal. On traverse un plateau couvert de cultures alternat avec des peuplements de palmier nain,d'asphodèle et d'aubépine. Par moments, belles vues sur le Haut Atlas et le Moyen Atlas à droite.

116 Km : Tanant, petit centre administrif. Panorama sur le Djebel Azourki, longue arête rocheuse particulièrement remarquable en hiver et au printemps, lorsqu'elle est couverte de neige.

A 2 Km environ, par un sentier, cascades de l'oued Tainit, bouillonnant dans une gorge formée de roches stratifiées.

Au delà de Tanant, la route traverse le pauvre pays d'Entifa où de distance en distance, s'élèvent des Tighremt hautes habitations fortifiées flanquées de tours quadrangulaires, érigées en moellons ou en pisé et pourvues de courtines percées de meurtrières.

139 Km : route à gauche les cascades d'Ouzoud. Au delà des cascades, piste très difficile pour l'oued el Abid.

141 Km : Ait Taguella, village comptant plusieurs tighremt éparpillées sur un plateau broussailleux planté d'amandiers. On franchit un peu plus loin le col d'Imi n Zmaiz: vue sur le djebel Ghat et le djebel Azourki.

161 Km : Azilal, Pour ceux qui disposent d'une voiture tout terrain, Azilal est le point de départ idéal pour accéder à la haute Vallée des Ait Bougmez.

162 Km : autre piste à gauche pour les gorges de l'oued el Abid. Malheureusement très difiicile pour les voitures de tourisme,celle ci passe près de l'Akka n Tisekht, gouffre profond qui bordent de haute falaises stratifiées.

180 Km : du haut d'un col ,beau panorama sur le lac et le barrage de Bin el Ouidane.

188 Km : la route passe sur le barrage. Un peu plus loin, second barrage dit d'Ait Ouarda suite de vues sur le lac d'Aval dominé par plusieurs par plusieurs vieilles kasbas.

206 Km : Belvédère à gauche de la route. Vue aérienne sur la plaine.

218 Km : Afourer, gros village au pied de la montagne de Bin el Ouidane, à l'orée de la plaine des Béni Moussa.

224.5 Km :on rejoint la grande route de la plaine. Prendre à droite.

243 Km : Béni Mellal.

3- De Marrakech à Essaouira.

Quitter Marrakech en suivant l'avenue Hassan II.

22 Km : pont sur l'oued Nfis, affluent de l'oued Tensift. Les villages des environs sont construits en terre. Sur les terrasses on aperçoit des réserves à grains réalisées à l'aide de roseaux enduit de pisé.

70 Km : près de Chichaoua, les ruines d'une très ancienne sucrerie jettent une lumière nouvelle sur l'histoire et l'économie du Maroc d'autrefois. On aperçoit à gauche les importants vestiges d'un aqueduc qui alimentait au XVI une sucrerie découverte et fouillée à partir de 1948 par Berthier.

73 Km : Chichaoua, où se trouve une coopérative de vente des tapis dits de chichaoua. Marché le dimanche.

84 Km : petit col, entre deux massifs tabulaires ruiniformes ressemblant à des meules de grain,d'où leur nom de Rhi.

98 Km : Sidi Moktar, près d'un marabout et d'une zaouia reconstruits au XIX. Marché le mercredi.

Dans les environs se trouvent les territoires occupés par les Ouled Besaba qui fabriquent des tapis de haute laine à points noués dont le motifs, aux couleurs vives, sont inspirés de ceux de Rabat. On les désigne à tort, sous le nom de tapis de Chichaoua.

Les Ouled Bou Sebaa appartiennent à la grande tribu arabe des Ma qil, qui fit son apparition au Maghreb au XI ou au XII. en même temps que les Hilaliens. Aux XIII ET XIV, on les signale dans le Tafilalet et dans la vallée de l'oued Dra. Vers le milieu du XIII, les Mérinide durent lancer contre eux plusieurs expéditions pour les soumettre à leur autorité, mais ils se réveillèrent par la suite à plusieurs reprises. Iles durent faire leur entrée dans cette région au nord du Haut Atlas vers la fin du XIV, après avoir apporté leur concours à un compétiteur au trône des Mérinides, Abou el Abbas.

121 Km : Ain Taftecht, hameau tristement célèbre dans la région par les sanglantes luttes tribales qui y eurent lieu en 1894, à la mort de Moulay el Hassan.

150 Km : Ounagha. Laisser à gauche la route de Safi. On traverse peu après une petite foret d'arganiers.

170 Km : belle arrivée sur Essaouira et la cote atlantique. A la sortie de la foret, la ville se déploie dans baie, bien abritée au pied de la falaise.

174 Km : Essaouira.

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