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Rabat
Plus calme que
Casablanca, Rabat est une cité agréable et aérée,ouverte sur
l'océan. Derrière les remparts de la nécropole de Chellah, le
caquètement de milliers d'oiseaux remplace le vrombissement des
moteurs. Dans les ruelles fleuries de la kasba de Oudaïa,
l'agitation citadine semble tout aussi lointaine.
La capitale du royaume, dépourvue de la moindre activité
industrielle, n'est que la seconde ville du pays. Rabat possède
cependant tous les attributs d'une capitale, du moins aux abords et
le long de l'avenue Mohammed-V. Elle doit à Lyautey d'avoir été
choisie comme centre administratif du pays, ce que rappelle la
répartition des ministères au voisinage de l'ambassade de France.
C'est en souvenir de cette période faste que le tombeau de Mohammed
V, père de Hassan II et rénovateur de la souveraineté nationale, a
été élevé symboliquement à côté de la tour Hassan, sur les ruines de
la mosquée de ce
lointain prédécesseur.
La visite de Rabat sera complétée par celle de son ancienne rivale.
Salé, séparée seulement par l'estuaire du Bou Regreg aujourd'hui
administrativement intégrée à la capitale.
Découvrir Rabat
Les promenades
1 - La médina. Cette
très courte promenade mène à travers les quartiers commerçants où se
trouvent la plupart des bazars. Elle permet surtout de rejoindre la
kasba des Oudaïa.
2 - La kasba des Oudaïa et le musée des Oudaïa On se promène avec
plaisir dans le jardin andalou et les ruelles fleuries de cette
ville préservée. On s'attarde à son café maure pour goûter la vue
sur l'oued Bou Regreg et Salé avant de visiter le musée.
3 - La tour Hassan et le mausolée de Mohammed V. Ce site
mérite le détour pour le minaret de cette mosquée, élevée au XIIe
s. et pour le tombeau du p d'Hassan II.
4 - La nécropole de Chellah. Elle forme l'un des sites les
plus romantiques du Maroc. Dans ses jardins sauvages, le regard
brasse la vallée de l'oued. Les cigognes claquettent sur les tours
de nécropole et s' élancent au-dessus de l'antique Sala dont les
ruines sont toujours fouillées.
5 - Le palais royal, le musée archéologique et la ville nouvelle. On
passera devant le palais royal avant de se rendre au musée.
archéologique. Promenade enfin sur la commerçante avenue Mohammed V
.
Rabat à la carte.
L'art marocain. Le musée: Oudaïa réunit
un bel
ensemble de
costumes, bijoux, tapis,etc. , ancien et contemporains.
L'architecture almohade. La porte oudaia , Bab er Raouah et la tour
Hassan en sont de superbes spécimens
Les souvenirs de l'Antiquité. Les vestiges romains de Chellah n'ont
pas le pouvoir évocateur des ruines de Lixus et Volubilis
mais le musée archéologique abrite une remarquable collection de
bronzes.
Les fleurs et les jardins. Si un concours était organisé au Maroc,
Rabat recevrait le premier prix des fleuries. Les larges avenues qui
traverse. la ville moderne, les petits jardin qui entourent les
villas des quartiers résidentiels, le jardin
de style andalou de la kasba des Oudaïa, la flore exubérante et
semi sauvage de la nécropole de Chellah, enfin les magnifiques
jardins exotiques de Sidi Bouknadel contribuent à faire Rabat la
ville des fleurs.
Vivre Rabat.
avec ses avenues, ses cafés, ses nombreux jardins et la mer toujours
proche. Rabat est une ville où il fait bon vivre. Cité des
ambassades et des ministères, Rabat compte beaucoup de
fonctionnaires et ses habitants sont nettement moins stressés que
ceux de Casablanca. Il s'en dégage une atmosphère presque
provinciale, unique au Maroc.
Rabat mode d'emploi
Si l'on est pressé, on peut se rendre mausolée de Chellah,
à la tour Hassan, à la kasba des Oudaïa et au musée archéologique.
L'idéal si l'on dispose d'un jour est de laisser sa Voiture à
l'hôtel. On pourra enchaîner les promenades à travers la ville
nouvelle, la médina et la kasba des Oudaïa à pied, puis se rendre en
taxi à la tour Hassan, au mausolée de Chellah et au musée
archéologique avant de rentrer à pied vers le centre de la ville
nouvelle. Cette solution évite de revenir sur ses pas.
Programmes
Une demi-journée. Promenade en voiture vers la kasba des Oudaïa,
dont on découvre la porte, le musée, le jardin et le café maure,
puis on ira voir la tour Hassan et la nécropole de Chellah. On
terminera avec le musée archéologique pour sa collection de bronzes
de Volubilis.
Une journée. Le matin, visite de la médina et de la kasba des Oudaïa
; on pourra y déjeuner face à l'océan. L'après-midi, on ira en
voiture à la tour Hassan, puis à la nécropole de Chellah et au musée
archéologique, avant de s'accorder une promenade dans la ville
moderne.
Deux jours. Le 2e jour, découverte de la ville voisine de Salé (le
matin). Puis flânerie dans les jardins exotiques de Sidi Bouknadel,
d'ou on pourra poursuivre jusqu'à la kasba de Mehdia et Mehdia-Plage.
Rabat dans l'histoire
La ville antique. Les fouilles de Chellah ont permis la découverte
d'une agglomération remontant au moins au IIIe s. av. J.-C.. Point
d'escale vraisemblable des navigateurs phéniciens et carthaginois,
elle frappa, vers la fin du 1er s. av. J.-C., des monnaies à légende
néo-punique. Il semble donc qu'elle jouissait sous les rois
mauritaniens, d'une certaine indépendance. Citée sous les noms de
Sala par Ptolémée et de Sala Colonia dans l'Itineraire d'Antonin,
la ville fut sans doute occupée sous le règne de Claude avant
devenir un municipe sous Trajan, et d'être un peu plus tard élevée
au rang de colonie.
De Ribat à Rabat.
Au VIIIe s.
s'étendait, non loin du site actuel de la ville, le territoire des
Berbères Berghouata, adeptes de l'hérésie kharidjite. Cette
situation provoqua tout naturellement, vers le Xe s., la création
d'un couvent fortifié, ou ribat, d'ou des guerriers musulmans
orthodoxes, qui présentent plus d'un trait commun avec les
templiers, devaient mener pendant plusieurs siècles la guerre sainte
contre les Berghouata.
La première capitale almohade. C'est probablement vers 1146, après
la chute de Fès, qu'Abd el Mou'men se rendit maître de la contrée.
Prenant rapidement conscience de l'intérêt de la position du ribat
et de la ville voisine de Salé pour un royaume dont la capitale
était à Marrakech, il entreprit d'aménager le ribat en une kasba,
forteresse dotée d'un palais ou il séjourna à plusieurs reprises. Ce
fut alors le point d'appui du camp ou se rassemblaient les
moudjahidin, les combattants de la Foi, au départ et au retour des
campagnes en Espagne. Son petit-fils, Yacoub el Mansour, rêva d'en
faire sa capitale. Lorsqu'il mourut, en 1199, on avait déjà élevé
une vaste enceinte et la mosquée, restée inachevée, dont la tour
Hassan est le souvenir le plus imposant. Ribat el Fath, conçue
suivant un plan trop ambitieux, périclita après la mort de son
fondateur et se réduisit à la taille d'une petite bourgade. Après
les luttes entre Almohades et Merinides, et maigre la tentative de
ces derniers de la relever (construction de la grande mosquée et de
la necropole de Chellah), la ville ne cessa de décliner : Leon
l'Africain, au XVIe s., la dit réduite â une centaine de maisons
habitées.
Salé-le-Neuf et Salé-le-Vieux. L'arrivée, en 1609, de réfugies
musulmans venus d'Espagne, les Andalous, provoqua une première
renaissance de la ville. Parmi eux, un important contingent de
Hornacheros (originaires de Hornachos), aidèrent le sultan saadien
Moulay Zidân à affermir son trône. Les nouveaux venus, rejoints par
d'autres Andalous, occupèrent l'emplacement de l'actuelle médina,
connue des lors sous le nom de Sale-le-Neuf, par opposition à
Sale-le- Vieux situe sur l'autre rive du Bou Regreg.
Un État vivant de piraterie. Hornacheros et Andalous instituèrent,
en 1627, une curieuse république sous le nom de République du Bou
Regreg. L'actuelle kasba des Oudaïa leur tenait lieu de capitale. Un
caïd élu pour un an, assisté d'un conseil, présidait aux destinées
de cet étrange petit Etat vivant de piraterie et occupant ses
loisirs à de continuelles luttes triangulaires entre Andalous,
Hornacheros el habitants de Sale le Vieux.
La piraterie procurait à cette république la totalité de ses
ressource,. L'argent amasse en Espagne par les Hornacheros leur
permit d'équiper une flotte importante et leur soif de vengeance fit
le reste. Des renégats européens vinrent se joindre à eux, telle le
Hollandais Jan Janssen, plus connu pour ses redoutables exploits
sous le nom de Morat RaÏs.
Pirates mais commerçants. Les vaisseaux espagnols et portugais
furent au début les seules victimes de cette guerre de course puis,
il l'instar des pirates d'Alger, les Saletins s'attaquèrent à tous
les navires. Ils s'aventurèrent jusque dans les eaux britanniques et
même dans les parages de Terre-Neuve. La France et l'Angleterre
eurent particulièrement à souffrir de cette agressivité, d'autant
que leur port quasi inviolable et leur kasba pratiquement
inexpugnable rendaient inutiles les démonstrations navales de
représailles. Les puissances européennes préférèrent négocier. Un
marchand marseillais, Pierre Mazet, installe dans la cité depuis
1626, y fut le premier " consul de la nation française ". Assez
paradoxalement d'ailleurs, les puissance européennes ne répugnaient
pas à commercer avec les Saletins leur vendant même au besoin armes
et munitions.
L'annexion de la République du Bou Regreg au royaume chérifien en
1666 ne modifia pas l'ordre des choses. Un gouverneur alaouite vint
simplement assister le caïd et diriger les opérations pour le compte
du souverain. Malgré les représailles, la piraterie ne pendra fin
que sous le règne de Mou- y Abd er Rahman. Son dernier acte sera en
1829, la saisie d'un navire autrichien.
capitale du Maroc moderne
- La tentative de Sidi
Mohammed ben Abdillah de créer une ville nouvelle à l'intérieur de
la vieille muraille almohade
se révéla un échec. Selon
Louis chénier, le père d'Andre Chenier, consul de France de 1767 à
1782, elle été déjà, en 1781, cinq ans après sa construction, un
amas de ruines. Le palais sera cependant fréquente par les sultans.
C'est là que se déroulent, en 1845-1846, les négociations avec le
gouvernement français. Rabat choisi en 1912 par Lyautey pour
être la capitale administrative du pays et le siège de la Résidence
générale. La décision du sultan Moulay Youssef de s'y
installer, dans un palais
construit à l'emplacement adopté par son ancêtre Sidi Mohammed ben
Abdallah, devait donner à ce choix un caractère définitif.
1 -
La médina
Echoppes de fer blanc, de tapis et de cuirs animent cette médina
plus ,calme et moins pittoresque que celle de Salé.
Durée : 40 mn
Départ : carrefour de l'avenue Mohammed-V et de l'avenue
Hassan-Il
- La muraille des
Andalons, long rempart rectiligne renforcé de tours, limite
la médina Sud. Son nom lui vient des Andalous ou «Moriscos »,
musulmans chassés d'Espagne par Philippe III en 1609-1610, qui
l'édifièrent au XVIIe s.
* A 200 m de l'avenue Mohammed-V, sur la gauche., se trouve Bab el
Had, la porte [du Marché] du Dimanche. Remaniée en 1814 par
Moulay Slimane, elle s'ouvre sur le boulevard Amar Ibn Yassir entre
deux puissantes tours pentagonales. Cette porte, l'une des cinq
ouvertures de la ville, est célèbre pour avoir été, au XIXe s., le
lieu où les sultans faisaient accrocher les têtes des rebelles.
L'ancienne enceinte almohade sur laquelle s'appuie la porte fut
achevée probablement en 1197. Elle se développait sur plus de 5 km.
La majeure partie demeure bien conservée.*
Franchissant la muraille des Andalous, on tourne aussitôt à droite
dans la rue Souiqa.
- La rue Souiqa constitue l'artère principale de la médina. On s'y
fraie plus ou moins facilement un passage dans la foule, entre deux
rangées de petits restaurants et de boutiques, surtout
d'alimentation et de quincaillerie. Dans ces dernières, plastique,
fer-blanc et objets manufacturés remplacent de plus en plus les
produits de l'artisanat traditionnel.
Vous remarquerez à droite, après avoir croise la rue Sidi Fatah,
l'une des entrées de la mosquée Monlay Slimane, fondée en 1812 par
le sultan du même nom.
Plus loin à droite, à l'entrée d'une petite rue ramenant à Bab
Chellah, trois arcs brises, qui permettaient jadis d'en atteindre le
bassin, appellent l'attention sur une ancienne fontaine mérinide,
aujourd'hui occupée par une librairie. Deux séries d'arcatures
aveugles à clef de voûte pendante encadrent l'inscription de
fondation qui attribue au sultan Abou Farès Abd el Aziz
(1366-1372) la construction de ce petit
monument.
- La grande mosquée, fondée probablement en
même temps, date dans son état actuel d'une reconstruction quasi
totale de 1882. Le minaret, de plan carré, est orné de baies dont
les arcs outrepassés sont soulignés par des arcatures dans la partie
supérieure. Le couronnement fut ajouté en 1939.
- La rue Souk-es-Sebat , couverte, prolonge la
rue Souiqa. C'est le quartier des maroquiniers, des marchands de
tissus et des bazars, redoutables pièges pour touristes non habitués
au marchandage mais où l'on vous invite avec tant de gentillesse, à
entré « pour le plaisir des yeux» ! Il faut ensuite tourner à gauche
dans la rue des Consuls.
- La rue des Consuls débouche à gauche, à
l'issue de la partie couverte du Souk-es-Sel C'est, avec les deux
précédentes. la plus active de la médina. Elle est bordée
d'échoppes de tailleurs, marchands de tissus et de tapis. On peut
assister, le matin, à la vente à la criée. Sur la droite s'ouvrent
des anciens fondouqs.
La rue fut, jusqu'en 1912, le lieu de résidence
obligatoire des représentants des puissances étrangères. On y
remarquera d'ailleurs, sur la droite, la ruelle du consulat de
France ou Louis Chénier, le père du poète, vécut de 1767 à 1782.
- Cette rue aboutit à la place du Souk el
Ghezel (du marché de la Laine). Aux XVIe et XVIIe s., les captifs
chrétiens y étaient présentés aux acheteurs éventuels. Sur la
droite. se trouve la kasba des Oudaïa.
- Donnant sur la place du Souk el Ghezel, la
petite rue Hadj Daoui permet de s'enfoncer dans le dédale des
ruelles de la médina. On aborde là un quartier dont le calme
contraste avec l'animation des ruelles commerçantes de la vieille
ville. Les maisons, qui parfois enjambent la chaussée, sont repliées
sur leur cour intérieur, Seule une porte à l'encadrement plus ou
moins sculpté s'ouvre sur le monde.
On peut rejoindre, par la rue Taht el Hammam,
la rue Sidi Fatah.
- La mosquée de Moulay el Mekki , fondée près
du tombeau de ce marabout mort au XVIIIe s., fut agrandie en 1907.
Elle se signale par une porte à auvent sculpté et un plafond peint
sous une Voûte enjambant la rue. Plus loin, la rue laisse sur la dr.
la zaouïa de Sidi hen Aïssa et rejoint la mosquée Moulay Slimane ,
peu avant la muraille des Andalous.
- Depuis la place Souk el Ghezel, on peut
également revenir vers l'avenue Mohammed-V en suivant le boulevard
El-Alou , qui borde en partie un vaste cimetière séparant la médina
de la Côte. Peu avant Bab el Alou, la rue Mohammed-V à gauche , très
commerçante et bordée de restaurants, se poursuit jusqu'a la
muraille des Andalous.
2 - La kasba et le musée des Oudaïa
Ruelles fleuries, jardin andalou et Café Maure
offrent à deux pas de la médina une oasis de tranquillité. On aura
plaisir à déambuler dans ce « village» d'ou la vue s'étend sur Salé
et l'océan.
Durée: 1 h 30 à 2 h.
Départ: place du Souk-el-Chezel.
A noter: trois très agréables restaurants, deux
sur la plage et le dernier près de la plate-forme.
- L'enceinte de la kasba des Oudaïa, exceptée
la partie entourant le jardin andalou, remonte à l'époque almohade.
En moellons, épaisse de 2,50 m et haute de 8 à 10 m, elle est munie
d'un chemin de ronde.
Elle a été partiellement renforcée aux XVIIe et
XVIIIe s. La partie Sud, avant les escaliers de la place, s'appuie
sur un bastion heptagonal encore muni de vieux canons. Elle fut
élevée par Moulay er Rachid entre 1666 et 1672 pour accroître les
défenses de la kasba primitive.
La tour à pans coupés, que l'on remarque un peu
avant la monumentale porte des Oudaïa, est une addition ou une
reconstruction, sans doute du XVIIe s., lorsque les Hornacheros se
retranchaient dans la kasba pour résister aux Andalous de la médina.
-La porte des Oudaïa , construite en pierre de
taille ocre rouge, semble avoir eu un rôle surtout décoratif. Elle
peut d'ailleurs, à cet égard, être considérée comme l'un des joyaux
de l'art almohade.
Sa construction est attribuée à Yacoub el
Mansour, qui voulut faire de Ribat el Fath sa capitale et l'aurait
ajoutée au mur d'Abd el Mou'men. Elle servait peut-être, à proximité
immédiate du palais, de salle de réception et de tribunal. Un auteur
musulman, Mohammed bou Jendar, la désigne comme la « galerie
majestueuse du palais ». Le décor sculpté, répété sur la façade
intérieure, est sobre et bien équilibre.
Les écoinçons agrémentés d'un décor floral sont
encadrés d'une inscription en caractères coufiques, aujourd'hui très
abîmée. A la naissance des arcs festonnés, on remarquera les motif
serpentiformes, rares exemples de représentations animales dans la
décoration marocaine.
-Le cimetière el Alou, à gauche de 1a porte,
est l'objet d'un «pèlerinage » une fois par an en l'honneur de Lalla
Kasba, à laquelle les jeunes filles demandent un bon mari.
La rue Jamaa [forme la principale artère de ce
quartier. Elle s'étend sur l'emplacement du couvent-forteresse du X"
s. et du ribat almoravide, dont il ne reste plus rien. A l'exception
des maisons, qu'il est difficile de dater, la plupart des vestiges
visibles remontent au XII s. et, pour le surplus, au temps de la
République du Bou Regreg et des premiers souverains alaouites.
-La Jamaa el Atiqa est la plus ancienne
mosquée de Rabat. Fondée par Abd el Mou'men vers 1150 et remaniée
plusieurs fois, elle fut reconstruite en grande partie sous le règne
de Sidi Mohammed ben Abdallah (1757-1797) par un renégat anglais,
Ahmed el Inglizi. Le minaret, orné d'arcatures aveugles, est
probablement l'œuvre de l'un des premiers souverains alaouites.
- La plate-forme de l'ancien sémaphore , au
bout de la rue Jamaa à gauche, offre du côté de l'océan un superbe
panorama sur l'estuaire du Bou Regreg et Salé.
Au pied de la plate-forme, une tour circulaire
du XVIII s. et la sqala, fortin aménagé en 1776 par Sidi Mohammed
ben Abdallah, défendaient l'estuaire du Bou Regreg.
Sur la place, un entrepôt construit à la fin du
XVIII s. par Moulay el Yazid abrite une coopérative ou l'on verra
des jeunes filles en train de tisser des tapis
Reprendre la rue Jamaa puis tourner à gauche
dans la rue Lâalami.
- La tour des pirates fut sans doute ajoutée à
l'enceinte almohade au XVII s. Au pied du rempart, la Mdoura est un
ouvrage de plan circulaire élevé au XIX s. Des grilles interdisent
malheureusement l'accès à la tour.
Revenir dans la rue Jamaa et la redescendre.
La rue Bazzo que vous prendrez sur la g.
dans la rue Jamaa, descend par une volée de marches jusqu'au Café
Maure.
- Le Café Maure , avec ses bancs couverts de
nattes, aux dossiers ornés de mosaïques, s’ouvre au vent et à
1’ocean. En savourant une corne de gazelle accompagnée d'un thé à la
menthe, vous pourrez laisser flâner votre regard sur les parties
hautes de la kasba, sur l'enceinte almohade et l'embouchure de
l'oued qui sépare Rabat de Salé. Ce café, malgré sa célébrité,
demeure l'un des lieux préférés des Rabatis.
-Le jardin est accessible depuis le Café Maure
par une porte. Cet havre de paix fut créé en 1915-1918 à la manière
des jardins andalous avec ses allées perpendiculaires, ses parterres
étagés, sa noria traditionnelle et sa végétation exubérante.
- Le musée des Oudaïa On y accède en sortant
par une voûte dans la partie plus élevée des jardins et en tournant
aussitôt à dr. Ce musée, rénové en 1995, est installé dans un
bâtiment élevé par Moulay IsmaÏl, probablement entre 1672 et 1694.
Le sultan résidait dans cette demeure lors de ses séjours à Rabat.
L'édifice comprend une cour à portiques, ornée
en son centre d'une vasque de marbre, et entourée de corps de logis
sur ses quatre côtés.
Une tour domine l'ensemble que complétaient une
petite mosquée, précédée d'une cour aujourd'hui couverte, et un
hammam
Vous y verrez principalement des tapis, des
manuscrits enluminés, des costumes, des poteries diverses, un
intérieur marocain d'autrefois avec ses divans recouverts de
brocarts d'or et de soie fabriqués à Fès dans la seconde moitié du
XIXe s. D'autres pièces de broderie sont présentées dans des
vitrines. Art citadin par excellence, la broderie offre d'une ville
à r autre des variantes dans le choix des motifs géométrie végétaux
ou zoomorphes tout comme dans celui des tissus, des fils, des leurs
et des points employés.
-En sortant du musée des Ou on pourra visiter
le centre artisanal. Tourner à gauche en
sortant de la kasba, le centre trouve à une
centaine de mètres contrebas à gauche. Il s'agit d'un complexe:,
moderne ou travaillent quelques tisans (cuivre, broderie, travail
cuir...) ; achats possibles.
- Pour rejoindre le début de la promenade
suivante, il faut longer le bord de la rivière pendant une vingtaine
de minutes. En bordure d'une grande avenue, la balade n'est guère
attrayante (et peut même être l'éprouvante en pleine chaleur) :
mieux va prendre un taxi.
Le quai al Marsa, longe le port, fréquenté
seulement par des barques (qui assurent notamment le passage des
piétons vers Salé). Son accès est en effet gêné par un phénomène de
barre.
Le quai passe en contrebas du borj de Lalla
Qadiya, près du sanctuaire du même nom ou les pèlerins revenant de
La Mecque passaient la nuit avant de rentrer chez eux.
0n parvient au bout du quai au borj Sidi
Makhlouf, auquel s'appuie la muraille des Andalous.
Le borj Sidi Makhlouf, du début du XVI tire
son nom d'un petit mausolée se trouvant à proximité, juste à. côte
de l’ancien mellah, le quartier juif, qui fut transféré en ce lieu
par le sultan Moulay Slimane, en 1808.
Sidi Makhlouf, juif d'origine, se convertit à
l'islam et parvint à mériter la vénération des musulmans grâce à sa
grande piété et aux miracles qu’il accomplissait. Il renouvela,
dit-on, le miracle de Moise en fendant les eaux du Bou Regreg pour
permettre à un étudiant, qui voulait l'éprouver, de le traverser à
pied sec. ....
3 - La tour Hassan et le mausolée de Mohammed V
Le tombeau du père de l'indépendance se dresse
face à la tour Hassan, ancien minaret d'une mosquée construite au
XIIe s. : tout un symbole.
Durée : 1/2 heure pour la visite des deux
monuments.
- La tour Hassan est le minaret d'une mosquée
construite sur l'ordre de Yacoub el Mansour. Elle devait être, après
la mosquée du Vendredi à Samarra (Iraq), la plus importante du monde
musulman.
Entreprise vraisemblablement avant 1195, sa
construction en fut abandonnée à la mort de son fondateur (1199).
Par la suite, les habitants de Rabat y prélevèrent des matériaux ;
le tremblement de terre de 1755 l'abîma encore. En 1956, Mohammed V
de retour d'exil y dirigea la première prière du vendredi après la
l'indépendance du Maroc.
La mosquée proprement dite était délimitée par
quatre murs, en majeure partie écroulés, perces de seize portes:
quatre au Nord et à l'Est, deux au sud., six à l'Ouest. Elle
couvrait, avec ses annexes, une aire de 183 m sur 140. Elle
comprenait une grande Cour, aménagée au-dessus de profondes citernes
(restaurées) s'étendant au pied du minaret, et une immense salle
hypostyle dont les 312 colonnes et 42 piliers de marbre
s'ordonnaient de manière à former dix-neuf nefs, sans compter les
portiques latéraux.
La tour Hassan, dont la parenté avec les
célèbres Giralda de Séville et Koutoubia de Marrakech apparaît au
premier coup d'œil, est une tour carrée de 16,20 m de côté et de 44
m de hauteur.
Si l'on compare ses proportions à celles de ses
jumelles, on peut admettre qu'elle aurait du mesurer le double.
Les murs n'ont pas moins de 2,050 m
d'épaisseur. A l'intérieur, les escaliers sont remplacés par une
rampe large de 2 m et assez douce pour être gravie à cheval. Six
petites pièces, voûtés chacune de manière différente, s'étagent dans
le noyau central. Les faces extérieures du minaret sont décorées, à
la manière classique, d'arcatures et d'entrelacs mais dont la
disposition varie sur chaque face.
Au pied de la tour, deux larges escaliers
descendent au tombeau du soldat inconnu, établi sous l'aire de
l'ancienne mosquée.
Un dallage moderne parsemé de colonnes,
rappelant étrangement celles de Buren au Palais Royal à Paris,
établit une liaison entre ces vestiges d'une époque glorieuse et le
mausolée de Mohammed V.
- On appelle communément mausolée de Mohammed V
tout le complexe de bâtiments dont fait partie le mausolée
proprement dit. Achevé en 1971, le monument surprend par le parti
pris de classicisme qui a présidé à sa conception et à sa
décoration. Ce chef-d'œuvre de l'art traditionnel marocain n'est que
bois peint, plâtre et marbre sculptes, bronze ciselé. La conception
de cet ensemble, réalise sur une armature de béton, est due à un
architecte d'origine vietnamienne, Vo Toan.
Au centre, coiffée par plusieurs rangées de
toits de tuiles vertes, s'étire la mosquée dont la façade de pierre
blonde s'ouvre par de multiples arcades sur une cour intérieure. A
gauche de celle-ci, le mausolée proprement dit est précède de deux
volées d'escaliers qui conduisent à la monumentale koubba de marbre
blanc italien, devant laquelle se tiennent des gardes royaux au
burnous blanc et rouge.
Le sarcophage de Mohammed V, taille dans un
bloc d'onyx blanc pakistanais, est situe au centre, au niveau
inférieur de l'édifice, alors que celui de son fils, le prince
Moulay Abdallah (mort en 1983), est place dans l'angle. Une galerie
fait le tour à l'étage, sous laquelle sont suspendus les drapeaux
des villes du Maroc. Une somptueuse coupole nervée, formée par
l'assemblage de pièces d'acajou sculpte et de vitraux colores
réalisés par la manufacture de Saint-Gobain, recouvre l'ensemble. Le
grand lustre en bronze dore pèse près de 1,5 t.
- A droite de la mosquée, contrebalançant le
mausolée, un portique d'arcatures en marbre blanc de Carrare,
finement sculptées, couronne un bâtiment qui devait accueillir un
musée consacré à la dynastie alaouite mais qui, pour des raisons
mystérieuses, n'a toujours pas vu le jour.
4 - La nécropole de Chellah
La nécropole mérinide de Chellah comprend deux
sites: la nécropole elle-même et l'antique cité de Sala.
L'ensemble de ces ruines, avec ses milliers
d'oiseaux, ses cigognes et sa végétation sauvage, forme l'un des
lieux les plus attachants de Rabat.
Accès : située hors les murs, a environ 2 Km du
centre; on l'atteindra de préférence en voiture, par exemple au
cours d'un circuit englobant la promenade précédente. De la tour
Hassan, il suffit de suivre boulevards qui contournent la ville
Durée de la visite: 1 h.
- La porte d'accès, bien que richement décorée
et s'ouvrant par un arc flanquée de tours, n'a pas la pureté des
constructions analogues1 l'époque almohade. A l'intérieur trouvent
d'anciens postes de garde et les restes d'une hôtellerie.
Le Decumanus Maximus, voie principale de la
cité, a été dégage au chevet du temple capitolin dont la façade nord
donne sur une voie secondaire, pavée de grosses dalles. Le long de
cette rue, douze profondes boutiques formaient le rez-de-chaussee
d'édifices, probablement prives, élevés sur une succession de
terrasses. On a également retrouve le soubassement de la porte
monumentale qui faisait communiquer le forum et le Decumanus Maximus
au N.-E.
- La nécropole mérinide de Chellah. On visite
tout d'abord la zaouïa en franchissant la porte située devant,
légèrement à gauche du chemin.
Laissant une première salle nue, on s'engage
dans le passage de gauche
La zaouïa est très abîmée mais pleine de charme
avec ses cigognes perchées Sur le minaret. Celui-ci conserve en
partie son ornementation de faïences polychromes, mais celle du
lanternon sont de facture récente. Dans la cour, Un long bassin
était autrefois entoure d'un portique à colonnettes et chapiteaux de
marbre. En retrait s'ouvraient les cellules, sauf au Sud ou se
trouvait un petit oratoire. Mohammed y aurait prie. Il fut un temps
ou il suffisait de faire sept fois le tour du mirhab pour mériter le
titre de hadj, Pourtant réservé aux pèlerins ayant fait le voyage de
La Mecque.
La mosquée d' Abou Youssef Yacoub (XIJle s.) se
trouve au centre de la necropole. A côte de son minaret en ruines,
on remarque le tombeau d'Abou el Hassan, le « sultan noir»
(1331-1348), decoré d'un bel auvent à stalactites. A l'extérieur de
l'angle S.E. de la mosquée, subsiste la pierre tumulaire de Chams ed
Douha, le « Soleil du Matin", une Europeenne convertie, épouse
d'Abou el Hassan
5 - Le Palais royal, le Musée archéologique, la
ville nouvelle
Cette promenade éclectique donne la mesure des
dimensions royales du Dar el Makhzen. A côte, le centre ville semble
bien réduit. Il ne manque pourtant pas de charme avec ses larges
avenues, son animation nonchalante et ses cafés ou l'on prend
plaisir à s'attarder. Pour les amateurs de vieilles pierres, la
visite du Musée archéologique de Rabat constitue le complément
logique à celle du site de Volubilis.
Départ : nécropole de Chellah ; on prend sa
voiture ou un taxi pour se rendre tranquillement, avec quelques
détours, au Musée archéologique ;
celui-ci peut aussi être atteint directement
par l'avenue Yacoub-elMansour (4 km).
Durée : 20 mn pour faire le tour du Palais
royal et de la porte des Zaer ;
le Musée archéologique demande lui même au
moins 30 mn.
- La porte des Zaer se trouve juste en face de
la nécropole de Chellah. Cette porte, l'une des cinq entrées de
l'enceinte almoha de (XIIe s.), fut restauree au XVIIIe s. Son
décor, très simple, est forme d'une série de claveaux,
alternativement en retrait et en saillie, qui souligne la baie
d'accès. Elle est protégée par deux tours quadrangulaires.
Intérieurement, elle est constituée d'une succession de chambres
voûtées en berceau, disposées de telle manière qu'elles offraient
une disposition en chicane, comme dans les autres ouvrages de la
muraille almohade.
- A la hauteur de la porte des Zaer, tourner à
gauche dans le boulevard Moussa Ibn Nossair, puis sur la droite en
direction du Palais royal , entièrement dissimule derrière de vastes
remparts.
Le' premier Palais royal avait été fonde vers
la fin du XVIIIe s. par Sidi Mohammed ben Abdallah. Un autre fut
érigé en 1864 par Sidi Mohammed ben Abd er Rabman.
L'actuel Dar el Makbzen étend ses constructions
au fond d'un immense mechouar entoure d'une enceinte particulière.
Il comprend un palais moderne, une grande mosquée, ou moquée du
Vendredi, un champ courses et divers bâtiments gouvernementaux.
Si le roi possède des palais dans plupart des
grandes villes, c'est en general là qu'il reside, entoure par près
de 2000 personnes.
- La mosquée el Faeh , située en face du Palais
royal accueille, surtout pour la prière vendredi, un ballet
incessant de limousines à bord desquelles se trouvent les
dignitaires du régime.
- La cour de la caserne de la Garde royale s'etend
dans le prolongement de l'avenue. Le public est admis à asister à la
ceremonie de l'envoi des couleurs.
Tourner à gauche dans l'avenue Moulay Hassan
pour jeter un coup d'œil i Bab er Rouah.
- Bab er Rouah la porte des Vents, est la plus
belle de l'enceinte almohade. Par ses proportions et sa décoration,
elle rappelle celle de la kasba des Oudaïa.
S'ouvrant entre deux bastions, la baie d'accès
est ornée d'entrelacs, de, festons, d'arabesques fleuries et de
grandes coquilles, motif assez fréquent sur les monuments de cette
époque. Encadrant l'ensemble, un bandeau à inscriptions en caractère
coufiques reproduit un verset du Coran.
Revenir sur ses pas par l'avenue Moulay-Hassan.
- La grande mosquée ou jama es Souna. Son
minaret, qui domine tout. Rabat, a été bati au XVIII s. par Sidi
Mohammed ben Abdallah. Le bâtiment a été plusieurs fois restaure
depuis lors.
- Le Musée archéologique se trouve au 23, rue
Brihi, au croisement de la rue Ifni, face à l'hôtel Chellah. Le
musée est installé dans un bâtiment construit en 1932 par Adrien
Laforgue. Il renferme des collections provenant des fouilles
effectuées dans les divers sites du Maroc, de la préhistoire
jusqu'aux époques modernes. Son intérêt réside principalement dans
les bronzes trouves sur les sites de Volubilis, Lixus et Banasa.
Rez-de-chaussée Sur le sol, reconstitution
d'une mosaïque à décor géométrique de Volubilis. Au centre, statue
en marbre de Ptolémée, découverte lors des fouilles de Sala. Ce fils
de Juba II et de Cléopâtre Selené régna de 25 à 40 de notre ère. Il
mourut assassine sur l'ordre de Caligula.
Dans le patio, à droite de l'entrée, collection
lapidaire: fragments arc bi tectoniques, autels, stèles et bases
inscrites, caissons funéraires.
Dans la niche de l'escalier, torse cuirasse en
marbre provenant de Volubilis.
Dans les vitrines, les collections de
préhistoire évoquent les découvertes réalisées lors de différentes
campagnes de fouilles. On remarque notamment le moulage de la
sépulture d'un adulte et d'un enfant, provenant du site néolithique
(3980 env. av.J.-c.) d'El Harhoura II.
Galerie a l'étage Le site de Sala-Chellab. Les
quatre premières vitrines évoquent l'histoire du site antique de
Sala à travers des poteries, des lampes à huile, etc... On
remarquera surtout dans la première vitrine une jambe de cavalier en
bronze dore et un petit buste de Juba II.
Population du paléolithique et du
néolithique
Les plus anciens témoignages de la présentée
humaine sur le sol marocain ont été apportes par la découverte de
restes humains fossilisés du paléolithique moyen à Mougharet el
Alyia, près de Tanger. Les populations de l'époque pressentaient,
semble-t-il, de grandes analogies avec les Néanderthaliens.
Plusieurs autres découvertes, à Sidi
Abderrahman, Casablanca, AÏn Fritissa, SaÏdia, montrent l'étendue de
ce peuplement. Quant à la civilisation duneolithique, dont le plus
beau vestige est le cromlech de Mzora , elle se prolongea presque
jusqu'à la période historique, et ce avec ses techniques de
fabrication d'armes et d'outils, ses croyances religieuses, ses
coutumes funéraires.
« De Rome à l'Islam». Dans les vitrines
suivantes on verra une table d'autel paléochrétien ornée du
monogramme du Christ, un encensoir byzantin, une lampe en bronze
dont le réflecteur a la forme d'un chandelier à sept branches et une
statuette en ivoire figurant le Bon Pasteur.
Le christianisme fait son apparition en
Tingitane, vers la fin du III- s. et, ici comme ailleurs, marque la
fin de la société antique. La plus connue des tribus de Berbères
christianises est celle des Baquets dont les descendants
conserveront leur religion et la langue latine jusque vers la fin du
VIIIe s.
Archéologie islamique. Après une vitrine
consacrée aux monnaies, dont la frappe commence avec l'islamisation,
la section consacrée il l'archéologie islamique présente les
principaux sites récemment fouilles: Sijilmassa, ville fondée au
VIIIe s., ou l'on a repère des ateliers de potiers; Belyounech, «
campagne» de la ville de Sebta (Ceuta), ou un palais, des maisons et
des installations hydrauliques ont été fouillés; Ksar es Séghir et
Chichaoua, important centre de l'industrie du sucre du Maroc
médiéval dont on verra une jolie collection de moules à pain de
sucre.
Salle des bronzes. Elle abrite la collection
des grands bronzes antiques provenant pour la plupart de Volubilis,
ainsi que la statuaire de marbre de Volubilis, Banasa, Thamusida,
Sala.
L'Ephèbe versant il boire, découvert en 1929,
est la réplique, probablement romaine (grecque d'après R.
Châtelain), d'une œuvre de Praxitèle. Bien que légèrement empâtée et
comportant quelques petites erreurs anatomiques (les hanches,
notamment, sont dissemblables), cette statue évoque, par son
maintien les Satyres verseurs de Praxitèle, à ceci près, qu'elle
n'en porte aucune des trace d'animalité (oreilles pointues, amorce
de queue, etc.).
Le Chien de Volubilis , trouvé en 1916, est la
première en date des œuvres importantes découvertes sur le site. On
le date du règne d'Hadri (début du Ile s.). Il rappelle par son
attitude le chien de la mosaïque (Cave canem) de la Maison du Poète
tragique à Pompéi. La position de son arrière-train permet de
supposer qu' ornait une fontaine dans quelque riche demeure.
L'Ephèbe couronne de lierre sans conteste
l'œuvre majeure de musée. J. Carcopino lui trouvait « souplesse de
Praxitèle, l'expression Lysippe, le puissant modelé de Polyclète ».
Sa position indique qu'il tenait probablement un flambeau dans sa
main gauche. Ce type d'éphèbe dit «lampadophore» commença à se
développer à partir du 1er s. de notre ère, sous le règne d'Auguste,
où 1'on assista à un retour vers un classicisme des formes.
Deux pièces découvertes dans la mai son dite de
Vénus il Volubilis retiennent l'attention:
Le buste de Caton d'Utique est d 1er s., donc
nettement postérieur à sa mort. Arrière petit fils de Caton
l'Ancien, Caton d'Utique vécut de 95 il av. J.-C. Ce fervent
républicain prit parti de Pompée contre César. Après la défaite de
Pharsale (48) et la mort de son champion, Caton dirigea 1 parti
pompéien. En 46, César, débarqué en Afrique du Nord, mit en déroute
les dernières armées rebelles la bataille de Thapsus. Apprenant 1a
nouvelle dans la ville d'Utique (au N de Tunis), Caton préféra se
suicide plutôt que de tomber vivant entre le mains de son ennemi. Ce
superbe bronze, dans un excellent état de conservation - il ne
manque que les globes oculaires , traduit bien 1a fermeté de
caractère de celui que 1'0n appela «le dernier rempart de 1
République ».
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