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Tin-Mal
Tin-Mal se réduit aujourd'hui à un modeste village de
montagne de quelques dizaines de feux. Seuls vestiges de sa grandeur passée:
une mosquée récemment restaurée et quelques restes des remparts qui
protégeaient autrefois la ville. En effet, Tin-Mal fut au début du XII s.le foyer spirituel et le point de départ de la conquête
almohade : c'est ici qu'Ibn Toumert, le Mahdi (le prophète), prêcha la révolte
contre les Almoravides.
Tin-Mal dans l'histoire
Nomades contre sédentaires. Installés depuis une soixantaine
d'années à Marrakech, les Almoravides, d'anciens nomades berbères d'origine
Sanhadja, ne sont pas parvenus à soumettre les tribus sédentaires du Haut
Atlas, qui appartiennent pour la plupart à la grande famille berbère des
Masmouda. Cette rivalité séculaire entre nomades et sédentaires favorise ainsi
les desseins d'Ibn Toumert qui, au retour d'un long voyage en Orient et dans le
Maghreb central (vers 1121 ou 1122), trouve un auditoire tout préparé à
recevoir sa doctrine. Celle-ci, du point de vue politique, prône ouvertement la
révolte contre les Almoravides. poursuivi par les soldats d'Ali ben Youssef,
Ibn Toumert se réfugie dans la montagne ou il est reconnu, dès la fin de 1122,
comme imam par deux des sept tribus masmoudiennes.
La foi et le fouet. Ibn Toumert règne alors en maître
absolu, spirituel et temporel, sur cette communauté relegieuse à laquelle il a
donné ses lois, dans le respect du Coran. Assisté du Conseil du Dix ou siègent
ses plus fidèles lieutenants - notamment le futur calife el Mou'men - et de
quarante délégués des tribus qui le soutiennent, le Mehdi gouverne en faisant
régner une discipline de fer. La peine du fouet est appliquée et des sentences
de mort sont décrétées contre les adeptes convaincus de tiédeur religieuse.
Parmi les obligations religieuses décidé par le Mahdi figure
l'assistance à sermons, prêches dans le ribat (ou couvent fortifie) qu'il a
fondé L'objet essentiel de ses discours
devait être la fusion de la loi de l'Islam, commenté en berbère, dans une
région ou le droit musulman n'avait jamais pénétré.
Des défaites pour chacun. Il est déjà tard lorsque les
Almoravides se décident à en finir avec le Mahdi. En 1127 ou 1129, Ali ben
Youssef, s'aventurant dans la montagne avec son armée, est battu et poursuivi
jusqu’à Marrakech, dont le siège fut entrepris.
Cependant, au cours d'une sortie les troupes d'Ibn Toumert
sont défaites à leur tour, et doivent se réfugier dans les montagnes. Le Mahdi
meurt quelques mois plus tard, non sans avoir désigné son successeur, Abd el
Mou'men veritable fondateur de l’empire almohade.
Un digne successeur. Paré du titre de (commandeur des
croyants) du Mehdi, Abd el Mou'men fait preuve de grande des qualités de stratège
et d'administrateur. Négligeant pour un temps de s'attaquer à la métropole
almoravide, Marrakech, trop puissamment fortifiée, le fidèle lieutenant d’ Ibn Toumert
entreprend d'abord étendre sa domination sur les montagnes environnantes. Puis,
après repousse une tentative almoravide contre Tin-Mal, il part avec son dans
le nord du Maroc. En 1146 il est déjà maître de la majeure du pays lorsque
Marrakech tombe enfin en son pouvoir.
Le temps du déclin. Marrakech deveint alors la capitale de l'Empire almohade.
Quant à Tin-Mal, elle n'est plus qu'une ville sainte ou l’on met à l'abri le trésor
du sultan. Pourtant Abd el Mou'men et
ses deux successeurs choisissent de se faire inhumer ici.
Dans les moments qui préludent à la disparition de la
dynastie, sous les coups des Mérinides, Tin-Mal devient le foyer de la résistance
des derniers Almohades. Mais en 1276, la ville est prise par le gouverneur mérinide
de Marrakech: les tombeaux des sultans sont violés, la ville est livrée au
pillage, et son glorieux passé sombre peu à peu dans l'oubli.
Visiter Tin-Mal
Il semble que Tin-Mal n'ai pas été fondé avant 1125 par le
Mahdi et sa tribu d'origine. Aujourd’hui, ce village plante à flanc de montagne
conserve de son passé mouvementé l'admirable mosquée élevée par Abd el Mou'men.
Construire en 1153 et 1154, elle fut par la suite abandonnée. La restauration
entreprise en 1994 n'est pas achevée, l'édifice étant toujours dépourvu de
toiture.
Accès : de la route du Tizi II-Test , traverser l'oued Nfis
par un gué.
Visite : Un gardien vient ouvrir la porte au visiteur; entrée
libre.
A noter: Tin-Mal est l'une des rares mosquées du Maroc que
les non musulmans peuvent visiter. Il est prévu qu'elle restera accessible
lorsqu'elle aura été rendue au culte.
La mosquée est une large construction, à peu près carrée, formée
de neuf nefs de cinq travées, perpendiculaires à la qibla, sans compter les
deux nefs à trois travées aménages latéralement le long de la cour.
Le minaret (en partie décapité), qui rappelle la tour Hassan
de Rabat et la Koutoubia de Marrakech, occupe un emplacement exceptionnel : il
coiffe la chambre du minbar et la mihrab. A la fois simple et clair, il se
révèle d'une grande noblesse.
Trois coupoles à stalactites, les premières et peut-être les
plus parfaites du genre au Maroc, enrichissaient la première travée
transversale. Si l'épigraphie est à peu près inexistante, les entrelacs
polygonaux, quoique simples et robustes, ont déjà un certain développement.
Quant au décor floral, il s'exprime sur des panneaux décoratifs et sur des chapiteaux
d'une grande richesse. Ces derniers, rompant avec ceux des époques antérieures,
prennent Une forme nouvelle et annoncent déjà ceux du XIVs.
A voir encore dans la région
Le djebel Toubkal ; la vallée de l'Ourika et l'Oukaïmeden ; la route du Tizi n- Test
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